![]() |
L'affaire Erika et
internet Propositions pour l'Amélioration de la Sécurité Maritime Propositions pour l'Inspection des Navires dans les Ports Français |
![]() |
| 8 pages | par Le collectif citoyen anti-marées noires de St Nazaire | 12-10-2000 |
Un nouveau naufrage, celui du chimiqier Evoly Sun au NW de La Hague, ce jour 31 octobre 2000, nous rappelle que rien n'a encore été décidé par l'Union Européenne pour mieux protéger ses côtes. La présidence française, annoncée comme devant aboutir à des conclusions décisives, n'a encore rien obtenu, alors qu'elle n'a plus que 2 mois à s'exercer. Le public est tenu totalement non informé, et de ce qu'il faudrait faire, et de ce qui est envisagé. C'est pourquoi nous reprenons ici les propositions excellentes faites par le collectif anti-marées-noires de Nantes-St Nazaire, que l'on peut trouver avec bien d'autres informations, sur son site. Dans quelques semaines, soit avant la fin de l'année, anniversaire du naufrage de l'Erika, ce sera l'heure du bilan politique à l'égard des Pouvoirs Publics français. 31-10-2000 Admiroutes
Propositions pour l'Amélioration de la
Sécurité
Maritime
Propositions pour l'Inspection des Navires dans les Ports
Français
Propositions pour l'Amélioration de la Sécurité Maritime
Sommaire :
Préambule
1- Pour une Garde-Côte Européenne
2- Création d'une CIPIAN
3- Conception des navires
4- Refonte des Affaires Maritimes
5- Modernisation urgente des CROSS
6- Inspection des navires en cale sèche
7- Inspection obligatoire des navires avant d'entrer dans les ports
8- Equipements de réception des eaux de ballast sales
9- Slops et Sludges
10- Eaux de cale et de machine
11- Certificats internationaux
12- Audit des chantiers de construction navale
13- Pratique de la langue anglaise
14- Responsabilité des Capitaines
15- Equipages
16- Service de Pilotage Hauturier
17- Rades ou ports de refuge 18- Audit des systèmes d'aide aux
recherches
19- Responsabilités des affréteurs, armateurs et abrogation
des protocoles de 1992
ANNEXE
PREAMBULE
La catastrophe de l'Erika, 21 ans après celle de l'Amoco-Cadiz et près de 20 ans après
celle du Tanio, a révélé la carence de tout ce qui avait été mis en place pour qu'on " ne
revoie plus jamais ça " : tout un arsenal législatif, technique, juridique s'est montré
inefficace et une grande confusion a régné, mise en lumière par les différents rapports
officiels. Maintenant, chacun y va de ses propositions, mais le "concept français de la
sécurité maritime" réaffirmé envers et contre tout par les autorités publiques françaises
laissent craindre que dans 5, 10, 15 ans, on ne se retrouve dans la même situation. Les
mesures proposées par le Collectif sont de bon sens, certaines inédites, d'autres déjà
proposés par d'autres organismes, associations ou groupements. Mais toutes ces
mesures sont réalistes. Il est toujours facile de faire des propositions démagogiques
telles que celles relatives aux Pavillons dit de complaisance ou alors les pétitions pour le
Pétrolier type E3. Si elles n'ont pas de fondement, ou si elles ne sont pas suivies d'effet,
elles sont inutiles.
1 - Pour une Garde-Côte Européenne :
200 000 navires passent au large de nos côtes allant et venant vers/des plus grands
ports de l'Europe du Nord, à commencer par le plus grand du monde : Rotterdam. 500
navires par jour franchissent la Pas-de-Calais dont les pétroliers, faisant transiter 1
million de tonnes de pétrole. Tout ce trafic, dans le Pas-de-Calais, passe dans les eaux
territoriales sur 40 miles marins. Pour ces deux raisons, il est impératif que la France
édicte et/ou propose des solutions réalistes et fermes pour éviter que les contribuables
français ne payent les dégâts provoqués par des navires navigant pour le compte des
autres états. Il faut dont créer un organisme européen, financés par tous les Etats
Membres, sous le contrôle de la Commission Européenne, qui prenne en charge la
Surveillance des navires de commerce, la Sécurité de la Navigation dans les eaux
européennes, l'Organisation du Sauvetage, la mise sur pied et/ou à jour de la
réglementation maritime, etc Le collectif demande la création d'une Garde Côte-
Européenne, telle que proposée par l'AFCAN (Association Française des Capitaines de
Navires) depuis plus de 20 ans, sous la direction et le contrôle direct de la Commission.
Son personnel doit être composé de fonctionnaires ou contractuels européens.
2 - Création d'une CIPIAN :
Pour la France, création de Commissions Itinérantes Permanentes d'Inspection
Approfondie des Navires (CIPIAN) telles que définies dans le document annexe. Cette
proposition pourrait s'étendre aux autres Etats de la Communauté sous le contrôle direct
de la Commission Européenne.
3 - Conception des Navires :
les transports de produit liquides polluants ou dangereux doivent se faire sur des navires
conçus de telle sorte qu'en cas d'abordage ou d'échouement aucune liquide ne soit
répandu dans la mer (double-coque, navires à pont intermédiaire ou d'autres solutions).
Le ingénieurs navals doivent faire preuve d'imagination en ce domaine.
4 - Refonte des Affaires Maritimes :
L'administration des Affaires maritimes qui, au fil des ans, a montré son inefficacité, doit
être complètement repensée et refondue. Le personnel à Statut Militaire (Administrateur
des Affaires Maritimes) doit être " civilisé " de telle sorte qu'il n'existe qu'un seul corps
civil des Administrateurs des Affaires Maritimes. Cela vaut aussi pour l'Enseignement
Maritime : les professeurs de la Marine Marchande, à statut militaire, doivent aussi être "
civilisés ".
5 - Modernisation urgente des CROSS
En attendant l'intégration des CROSS dans une nouvelle organisation des Affaires
maritimes, il faut remplacer d'urgence leur matériel vétuste, par des moyens modernes.
Une bonne partie de ce matériel technique a plus de 20 ans (datant de l'Amoco Cadiz).
Outre la vétusté du matériel, il convient de souligner l'insuffisance des moyens de
surveillance et d'intervention en mer.
6 - Inspection des navires en cale sèche :
Tout d'abord il faut revoir de fond en comble la manière dont un navire doit être inspecté :
Le seul moment où un navire peut être inspecté complètement, (un navire même récent
peut avoir des problèmes de structure par exemple) c'est lorsqu'il passe en cale sèche.
Donc les limites d'âge imposée (plus de quinze ans etc ) sont irréaliste : un navire quel
qu'il soit et quel que soit son âge doit passer en cale sèche tous les deux ans (il y a trente
ans, les pétroliers passaient en cale sèche tous les ans et progressivement, on est passé
à tous les 5 ans). Dire que l'on visitera un ballast de pétrolier alors qu'il est en exploitation
commerciale (comme le prévoit la Communication de la Commission au parlement
Européen et au Conseil sur le Sécurité Maritime du transport Pétrolier) , est utopique :
aucun inspecteur n'acceptera de descendre dans un ballast d'un pétrolier qui n'est pas
complètement dégazé et ventilé. Le collectif demande dont l'obligation pour tous les
navires à citernes (pétroliers, gaziers, chimiquiers, méthaniers, etc ..) de passer en cale
sèche tous les deux ans maximum et ceci quel que soit leur âge. A cette occasion, des
mesures d'épaisseur des tôles de la coque doivent être effectuées et les résultats
annexés au Certificat international de sécurité de Construction. Sur l'organisation des
inspections : un seul inspecteur (comme le prévoit la Communication de la Commission au
Parlement Européen et au Conseil sur le Sécurité Maritime du Transport pétrolier) ne peut
visiter de fond en comble un navire, surtout s'il est à flot. On peut garantir qu'à six
personnes compétentes, en une journée, un navire peut être inspecté " à fond " et surtout
sérieusement, quelque soit son tonnage et son type.
7- Inspection obligatoire des navires avant d'entrer dans les ports :
Un navire qui entre dans un port en sortira toujours : s'il est arrêté par une autorité
quelconque ou saisi, il encombre un quai, perturbe les opérations commerciales, un
contentieux commercial naît, etc exemple, si un des grands navires pétroliers qui
déchargent au Poste 7 à Donges était arrêté par un inspecteur, tout le programme
d'approvisionnement de la raffinerie de Donges serait perturbé avec tous les problèmes
annexes (parfois graves) qui en découleraient : à notre avis, il est impératif que les
navires soient inspectés AVANT d'entrer dans les ports. Ces inspections devront
comporter un minimum d'obligations édictées par une loi : essai des moyens de
navigation, de moyens de sécurité vitaux, de la barre de secours, de la pompe à incendie
de secours, du générateur de secours, vérifiés en état de marche. Contrôle des certificats
Internationaux. Entrée interdite dans le port si un document est périmé ou si un des
moyens de sécurité ou de navigation ne fonctionne pas.
8 - Equipements de réception des eaux de ballast sales :
obligation pour tous le sports de posséder des moyens, économiquement exploitables,
pour recevoir les eaux de ballast sales des navires. En corollaire, interdiction aux
pétroliers de déballaster en mer, en particulier ceux qui effectuent du cabotage entre
ports européens.
9 - Slops et sludges :
En cas de vidanges illégales des slops et sludges, c'est l'Armateur qui doit être
pénalement sanctionné, libre à lui de se retourner contre son Capitaine. Appliquer des
peines de prison ferme et des amendes faramineuses aux capitaines est une aberration
car ils ne sont pas solvables pour de telles sommes et leur responsabilité est déjà
suffisamment lourde au regard de leur statut de salarié.
10 - Eaux de cale de la machine :
Pour tous les navires, les eaux de cale de la machine doivent être dépolluées avant d'être
rejetées à la mer. Les séparateurs doivent fonctionner et la preuve de leur entretien
permanent fournie par les bords. Un système d'enregistrement dit " boîte noire " scellé et
approuvé, doit pouvoir être présenté à toute réquisition des Autorités.
11- Puissance publique, sociétés de classification et certificats internationaux :
En 1994, la directive 94/57/CE du Conseil Européen a institué un système
communautaire d'agrément des Sociétés de Classification. Cette directive abordait le
problème général de la qualité de prestations des Sociétés de Classification autorisées à
agir pour le compte des administration maritimes des Etats membres. Or un des premiers
devoirs régaliens d'un Etat est la protection des personnes et des biens et c'est à l'Etat,
par ses services compétents d'agir dans ce domaine : pour le citoyen c'est une garantie
de cette protection. L'Etat ne peut déléguer à des sociétés privées le soin de délivrer les
certificats internationaux aux navires. Pourquoi ne pas faire délivrer les permis de
conduire ou les diplômes universitaires par des sociétés privées, agréées par l'Etat et
payées par ceux-là même qu'ils ont délégation de contrôler. En outre, qui contrôlera ces
sociétés de classification agissant pour le compte des Etats membres afin, d'une part, de
vérifier que les organismes agrées continuent à satisfaire aux dispositions de la directive
et, d'autre part, d'évaluer la qualité de leurs performances, si un Etat membre ne possède
pas un service capable de le faire ? Les Certificats internationaux réglementaires doivent
être délivrés par la puissance publique de l'Etat dont le navire porte le pavillon. Si cela est
impossible, l'organisme privée chargé de le faire en leur nom, doit être différent de la
société qui classe le navire (attribution d'une cote). En effet, l'indépendance nécessaire
des Etats dans l'application de leurs obligations légales et internationales ( délivrance des
Certificats internationaux de Navigation), d'une part, et l'action de sociétés privées de
surveillance et de contrôle (délivrance de la cote du navire pour le compte de l'exploitant)
d'autre part doivent être clairement séparées. Or, elles sont actuellement confondues, et
cette confusion a entraîné les Compagnies Pétrolières à se substituer aux organismes
officiels pour effectuer elles-mêmes les inspections, en créant les " vetting ".
12 - Audit des chantiers de construction navale
Tous les chantiers de constructions navale doivent être audités. Des statistiques
internationales doivent établir le nombre d'avaries selon les chantiers où ont été
construits les navires. Il en est de même pour les chantiers de réparations navales.
13 - Pratique de la langue anglaise :
Tout le personnel de l'Etat en charge de la sécurité des navires, que ce soit les officiers de
Port, l'inspection des Navires ou le Secours et le Sauvetage, doit pratiquer la langue
anglaise (lue, parlée, écrite). Pour ce faire, il doit subir un examen spécifique éliminatoire.
14 - Responsabilité des capitaines :
Le capitaine étant toujours le seul responsable du navire dont il a la charge, tous les
moyens doivent lui être donnés pour qu'il puisse en tout temps et en tout lieu, exercer
pleinement ses responsabilités. Pour ce faire, il devrait être directement recruté par
l'Exploitant (Armateur) du navire (et ne dépendre que de lui) et non plus par
l'intermédiaire d'une société de management (il y en a 450 dans le monde). Il faut donc
prévoir des textes internationaux qui définissent l'existence d'un contrat spécifique liant
l'Exploitant du navire et le Capitaine, définissant les obligations des uns et des autres, e
en particulier reconnaissant clairement que le Capitaine, outre les pouvoirs et les devoirs
qu'il détient selon la Loi du pavillon de son navire, est le représentant permanent de
l'Exploitant du navire et son mandataire. Le capitaine étant le chef d'expédition maritime,
l'exploitant doit lui donner tous les moyens pour assurer sa mission en particulier dans le
domaine de la sécurité du navire qu'il commande et dans celui de la préservation de
l'environnement où il évolue. Un contrat de travail spécial doit lier l'Exploitant du navire et
le Capitaine. Ce contrat sanctionné par l'Etat du pavillon doit mentionner, en plus du
salaire, les obligations des parties, l'assurance que l'exploitant a consenti en faveur de
son capitaine. Il doit énoncer les noms de l'exploitant du navire (PDG), le nom de la "
designated person " telle que définie par le code ISM et, bien sur, se référer aux lois du
pavillon du navire. Ce contrat doit être présenté à tous réquisitions des Autorités de l'Etat
du Port.
15- Equipages :
Les équipages doivent recevoir un salaire minimum décent selon le barème établi par la
Fédération Internationale des Ouvriers du Transport (ITF), basée à Londres. La
composition des Equipages doit être conforme à celle également définie, pour chaque
type de navire, par l'ITF (représentée en France par le CFDT). Une clause des contrats
d'affrètement (Chart-Party) doit préciser que les salaires de l'Equipage sont conformes
aux barèmes en cours établis par l'ITF. Les quatre officiers supérieurs d'un navire de
commerce, à savoir le Commandant, le second capitaine, le Chef Mécanicien et le Second
Mécanicien doivent être de la même nationalité.
16- Service de Pilotage Hauturier :
Un service de Pilotage Hauturier, basé à Cherbourg doit être créé et étroitement contrôlé
par l'Etat pour éviter que le Pilotage en Manche et Mer du Nord ne soit entre les mains
d'intérêts privés, comme c'est le cas actuellement. Son organisation doit être similaire à
celle des Stations de Pilotage Portuaire.
17 - Rades ou Ports de refuge :
Il devrait être interdit à un port de refuser la relâche d'un navire en cas d'avaries. Des
rades ou ports de refuge doivent être immédiatement prévus et équipés comme tels pour
accueillir les navires en général et les pétroliers en difficulté en particulier. Pour la France,
cela pourrait être : - le Port d'Antifer (Le Havre) - la rade de Cherbourg - la rade de Brest -
la baie de Douarnenez - sous Belle-île - sous l'île de Groix - le Pertuis d'Antioche
18 - Audit des systèmes d'aide aux recherches :
Il faut procéder à un " audit " du système Cospas-Sarsat, système d'aide aux recherches
et au sauvetage par satellites, reposant sur l'utilisation de satellites sur orbite quasi
polaire de faible altitude, conçu pour localiser des balises de détresse émettant sur les
fréquences 121,5 Mhz et 406Mhz (EPIRB). En effet, pourquoi 95 % des alertes émises par
les EPIRB sont-elles de fausses alertes ? Il faut revoir le système mondial GMDSS de
secours et de sauvetage dont on a vu, à la " faveur " de l'Erika , les faiblesses si ce n'est
les dysfonctionnements.
19 - Responsabilité des affréteurs, armateurs et abrogation des protocoles de 1992 :
Le collectif réclame la mise ne place d'une réglementation prévoyant la co-responsabilité
objective des affréteurs et des armateurs lors des catastrophes maritimes et pas
seulement celle des armateurs et du capitaine. Il en découlera l'application du principe "
pollueur/payeur " aux propriétaires de cargaisons dangereuses. Seule une contrainte
économique les mettre face à leurs responsabilités et par là même sera un facteur
d'amélioration de la sécurité. En cas d'accident, en mer et sur le littoral, la compagnie
propriétaire des matières répandues devra en assumer, à sa charge, la récupération
complète. Les opérations seront menés par des entreprises professionnelles et devront
débuter dans un délai maximum de 24 heures après l'accident. De même pour la remise
en état des écosystèmes concernés. Il ne sera en aucun cas fait appel à des bénévoles.
En cas de défaillance du propriétaire des matières répandues, l'Etat prendrait en charge
les opérations puis se retournerait vers le propriétaire pour récupérer les sommes
engagées. L'Oil Polllution Act en vigueur aux USA peut servir de modèle en matière de
responsabilité des affréteurs et armateurs.
Propositions pour l'Inspection des Navires dans les Ports Français
La France envisage de renforcer dans ses Ports le nombre d'inspecteurs d'environ 150.
Nous pensons qu'il ne sert à rien d'avoir des Inspecteurs supplémentaires si les Pouvoirs
Publiques ne repensent pas la manière dont les navires doivent être controlés dans nos
Ports.
Il faut que les exploitants de navires de commerce soient conscients que leurs navires
sont sous surveillance permanente et que, dans nos ports, ils peuvent être à tout
moment, Dimanche et Jour de Fêtes y compris, inspectés de fond en comble et leur
navires retenus s'ils ne répondent pas aux normes exigées par les Conventions
Internationales en vigueur ou que leur état constaté mette en danger le navire son
Equipage et l'environnement, et quelque soit le pavillon sous lequel leurs navires
naviguent.
A titre d'exemple, dans tous les ports du monde, les autorités douanières exercent une
surveillance constante des navires de commerce :
à l'arrivée, ils montent à bord pour s'assurer que les marchandises à bord sont bien
conformes au Manifeste de la cargaison et aux déclarations faites par le Capitaine ou
l'Agent du Navire.
Avant le départ, si le navire a rempli toutes ses obligations douanières, financières ou
autres, ils lui délivrent une "clearance".
Pendant l'escale si la Douane a de sérieux doutes sur le navire,(marchandise illicite,
drogue ou autres ) une équipe spéciale appelée "patache" peut venir à tout moment , de
nuit comme de jour, fouiller le navire de fond en comble, éventuellement retenir le navire,
arrèter le Capitaine et son Equipage. Et on peut assurer que les Armateurs et leurs
equipages ont soin d'être toujours en règle avec la douane. Car ils savent qu'ils peuvent
être inspectés à tout moment, se voir infliger des amendes douanières très lourdes, le
navire éventuellement retenu et avec de la prison quelque fois pour le Capitaine et
l'Equipage.
Pourquoi ne pas envisager un système analogue (moins rude quand même, sans amende
ou prison) où, à côté des Centres de Sécurité des Affaires Maritimes dans les Ports tels
qu'il existent maintenant qu'on peut appeler service sédentaire, il existerait des équipes
itinérentes d'inspection de navires, indépendantes des centres de Sécurité locaux et ne
rendant compte qu'au ministre chargé de la marine marchande ou son représentant (Le
Directeur des Affaires Maritimes et des gens de Mer).
A l'heure actuelle , un navire de commerce , n'importe où dans le monde, n'est plus
anonyme : il figure dans de nombreuses bases de données, avec des renseignements sur
lui (Société de Classification, Assureurs, Lloyd's, Sirenac et le tout dernier EQUASYS .) Y
figurent ses noms successifs, ses différents armateurs, ses différentes sociétés de
classifications, les réparations qu'ils a subi, ses pavillons, les ports où il a été
éventuellement détenus avec les motifs, etc ) Donc avec les moyens informatiques
modernes, pour tout navire entrant dans un Port Français, il est facile de savoir à qui on a
à faire et, si son "pedigree" est suspecte, de se livrer à une inspection approfondie
éventuellement.
Ces équipes, appelées Commissions Itinèrantes Permanentes d'Inspection Approfondie
des Navires, (CIPIAN)au nombre de cinq, seraient basées à
-Lille pour les ports de Dunkerque Calais Boulogne, Dieppe
- Ouest Région Parisienne LeHavre/Rouen,Caen
- Rennes StMalo, Brest, Lorient, Nantes,StNazaire
- La Roche/Yon La Rochelle Bordeaux Bayonne
- Aix-en-Provence Facade Méditerranéenne
Leur composition serait la suivante :
- Un Administrateur des Affaires Maritimes, Président
- Un Inspecteur de la Navigation titulaire d'un brevet de Commandement Fonctionnaire
- Un Inspecteur Mécanicien titulaire d'un brevet de Chef Mécanicien Fonctionnaire
- Un Architecte Naval ou Technicien de la construction navale expert libèral
- Un Capitaine ayant un minimum de deux années de commandement expert libèral
- Un Chef Mécanicien ayant au minimum Deux années de Chef Mécancien expert libèral
- Eventuellement, un spécialiste des radiocommunications.
L'architecte naval ou le technicien de la construction navale ne doivent en aucun cas avoir
été salarié d'une Société de Classification Les experts libéraux doivent être choisis sur
une liste, renouvelable annuellement, établie par chaque Président de Commission. Ils
doivent s'engager à répondre à toute réquisition avec un court préavis. Selon le type de
navires à inspecter, l'ancien Capitaine sera de préférence soit un ancien Capitaine de
Pétroliers, de Chimiquiers ou de Porte-Conteneurs, etc... Evidemment, tous les membres
de ces commissions sont soumis au secret professionnel absolu.
Le résultat de ces inspections approfondies et inopinées sont soumis immédiatement au
Ministre chargé de la marine Marchande qui décide :
- de laisser libre le navire, sans restriction.
- l'autorise à partir mais avec transmission immédiate du rapport d'inspection aux
Autorités du port suivant.
- de retenir le navire jusqu'à ce que les défauts constatés soient rectifiées ou des
réparations entreprises. N'oublions pas que ces Commissions interviendraient à coup sûr,
après investigations préalables à l'aide des moyens d'informations modernes (Internet,
base de données, Memorandum de Paris, de Tokyo, etc ). Bien entendu, chaque
commission possède des locaux dans les villes où elles sont établies avec voiture,
moyens de transmissions, fax, informatiques etc
A titre documentaire, au Canada, récemment, une commission a inspecté inopinément un
pétrolier qui était apparemment en règle et en bon état : elle a relevé 17 déficiences dont
plusieurs étaient des cracks dans la coque. Le navire n'a pas été autorisé à partir : il
devait traverser l'Atlantique.
On peut garantir qu'à six personnes compétentes, en une journée, un navire peut être
inspecté "à fond" et surtout sérieusement, quelque soit son tonnage et son type.
http://www.admiroutes.asso.fr/action/naufrage.htm
droits de diffusion