page d'accueil d'admiroutes Pour un mouvement "Plus jamais d'Erika".
projet de manifeste
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1 page par Jean-Paul.Baquiast jp.baquiast@meudon.netcable.tm.fr
jusqu'au 10/01/00 jpbaquiast@compuserve.com
26-12-1999

Ce n'est pas à une association comme Admiroutes de lancer des manifestes ou créer des mouvements et groupes de pression, quelle que soit la noblesse de la cause. C'est aux organisations citoyennes directement intéressées de le faire. Par contre, nous pouvons donner quelques conseils, en utilisant notre expérience de l'Internet et de l'administration. C'est pour répondre à des demandes en ce sens que je propose ce projet de manifeste. Si un mouvement se crée, et que notre présence active y soit souhaitée, nous en discuterons au sein d'Admiroutes, et avec des associations amies. Je ne vois pas a priori  de raisons de refuser. Baquiast

Manifeste

Il ne suffit pas de lutter contre les dégâts provoqués par le naufrage de l'Erika. Il faut éviter que de tels désastres se reproduisent. Or dans l'état actuel du trafic maritime dans les mers européennes, il y a beaucoup de risques pour que surviennent de nouveaux accidents.

Cest pourquoi nous demandons aux Pouvoirs Publics français d'annoncer clairement la position de la France, en faveur d'un certain nombre de mesures préventives. Nous savons que ces questions ne sont pas du seul ressort d'un Etat national, mais l'expérience montre aussi qu'un seul Etat, s'il est résolu, peut beaucoup pour provoquer un consensus européen et international.

Les mesures à prendre en priorité nous paraissent les suivantes:

- faire toute la lumière sur les évènements ayant précédé et provoqué le naufrage de l'Erika. Il ne convient pas d'atttendre les résultats de poursuites judiciaires, longues et tenues au secret, mais de réaliser une enquête auprès des différentes autorités administratives et acteurs privés ayant eu à intervenir, afin de mettre en évidence non les fautes de telle ou telle personne, mais les failles des dispositifs préventifs ou d'assistance. Une enquête parlementaire pourrait être une bonne solution, à laquelle la France demanderait aux Etats limitrophes de s'associer. Il conviendra de revenir à cette occasion sur les cas récents où des désastres ont été évités de justesse.

Nous demandons par ailleurs que les travaux d'enquête et leurs résultats soient rendus publics sur Internet.

NB: Laurent Fabius, président de l'Assemblée Nationale, vient de décider (Le Monde du 26/27/12 ) de créer une commission d'enquête sur les catastrophes maritimes et les moyens de les éviter.

- mettre en place en urgence un programme de renforcement substantiel des moyens aéro-navals de surveillance, assistance et intervention, à partir des côtes et ports français. Ces moyens sont aujourd'hui, malgré la valeur des hommes affectés à ces tâches, notoirement insuffisants. Ils travaillent en limite de rupture, surtout quand se conjuguent les facteurs de risques. De plus, leur autorité à l'égard des capitaines et armateurs enfreignant les réglementations est très insuffisante. Il conviendra dans la suite de négocier avec les autorités maritimes des Etats limitrophes des mesures analogues, et une bonne coordination dans l'action. Les questions budgétaires ne doivent pas être considérées comme des obstacles à la réalisation de ce programme, compte-tenu des économies susceptibles de résulter de catastrophes évitées.

- annoncer que, dans un délai déterminé, des mesures unilatérales d'exclusion des eaux placées sous autorité française seront mises en oeuvre à l'égard de tous navires ne respectant pas certains standards de sécurité jugés minima par la France, ou surpris à enfreindre délibérément les réglementations existantes. On pourra ainsi décider unilatéralement que les navires de type tanker transportant des matières dangereuses devront à peine d'exclusion des eaux sous compétence française disposer d'une double coque et d'apparaux renforcés, quelle que soit leur date de fabrication.

- enfin, utiliser systématiquement Internet pour informer les citoyens et les associer à ces actions.

Les représentants des collectivités locales, associations, organismes publics et privés souscrivant à ces objectifs sont invités à signer ce manifeste, et à le soutenir en toutes occasions, notamment auprès des Pouvoirs publics , des parlementaires et des partis politiques, ainsi qu'auprès des autorités européennes et du parlement européen..

NB: Le 28 décembre, à Europe 1, J.C.Gayssot annonce que le gouvernement prépare une Charte du transport maritime. Ses services étudieraient une saisine de la Commission européenne, lors de la présidence française, pour un meilleur suivi des trafics maritimes et la lutte contre les pavillons de complaisance. Il ne semble pas hostile, par ailleurs, à des mesures unilatérales françaises d'exclusion de certains navires ou pavillons. Cela va dans le bons sens, mais encore faut-il que cela se fasse rapidement. Il faut également que son ministère fasse connaître aux citoyens, notamment par Internet, tous les projets qui sont dans les cartons, afin que nous puissions appuyer l'action diplomatique. Il n'est pas normal que seule la radio serve à informer les Français, alors que beaucoup d'entre eux se mobilisent maintenant avec Internet.

http://www.admiroutes.asso.fr/action/erika/manifest.htm