page d'accueil d'admiroutes Plus jamais cela, c'est quoi?
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2 pages par Jean-Paul.Baquiast jp.baquiast@meudon.netcable.tm.fr
jusqu'au 10/01/00 jpbaquiast@compuserve.com
25-12-1999

Maintenant que le pétrole est arrivé sur les plages bretonnes, et risque de continuer à se répandre pendant des semaines, tous ceux qui, sur place ou à la télévison, constatent les dégâts, voudraient des maintenant entendre les ministres et le Premier ministre lui-même dire qu'ils vont tout faire pour que ceci ne se renouvelle plus. C'est bien beau de ramasser les oiseaux morts et de faire nettoyer cette fois-ci encore les plages, mais si dans 6 mois ou un an tout recommence, à quoi bon?

"Plus jamais cela". C'était le mot d'ordre qui avait prévalu après l'Amoco Cadix. Des mesures préventives indéniablement efficaces avaient été alors décidées et appliquées de concert avec la Grande-Bretagne: éloignement et double-sens pour la circulation sur le rail, mise en place d'un balisage renforcé, d'une surveillance, de moyens de remorquage. Les résultats ont été indéniables. Mais l'expérience montre que tout ceci est encore insuffisant.

Plus jamais cela, aujourd'hui, se serait quoi? Autrement dit, qu'est-ce que nous voudrions que le gouvernement décide de faire, dès demain, dès aujourd'hui ?

L'enquête sur le naufrage de l'Erika fera sûrement apparaître des fautes et des négligences, ou des lacunes dans le dispositif préventif, auxquels il faudra porter remède. Mais l'enquête va demander des semaines. Ce n'est pas la peine d'en attendre la fin pour commencer des démarches destinées à renforcer la prévention.

Une fortune de mer est toujours possible, c'est clair. Ceci dit, les personnes que j'ai consultées sont formelles: le danger majeur vient du nombre sans cesse accru des navires en mauvais état ou dotés d'équipages incompétents ou irresponsables qui entrent ou qui sortent de Manche (disons plutôt qui entrent dans  un cercle de 200 milles de rayon calculé à partir de Ouessant et de Bishop Rock).  Il faudrait soit leur interdire le passage, soit les accompagner quasiment un par un pour éviter toute catastrophe, au moins par mauvais temps.

Interdire le passage est-il possible? Pourquoi pas? C'est bien ce qui se passe dans le monde du transport aérien, où les aéronefs non conformes à des normes strictes de sécurité sont interdits de vol (jusqu'à ce jour du moins, car la dérégulation et la recherche à tout prix du profit commencent là aussi à faire des dégâts).  Cela ne pourra pas se faire tout de suite. Il faudra négocier longtemps. Ceci dit, nous pensons que le gouvernement français devrait sans attendre prendre une position forte au plan européen, en demandant:
- que certaines normes de sécurité encore trop laxistes soient renforcées.
- que des dispositifs de contrôle efficaces soient mis en place.
- que les navires non conformes soient refoulés.

Parallèlement, comme ceci n'aboutira pas tout de suite, et comme de toutes façons, il sera nécessaire de contrôler les navires en transit, surveiller les dégazages et autres manoeuvres interdites,  il faudrait renforcer immédiatement le dispositif de surveillance et d'intervention. Ceci suppose la mise en place de moyens aéronavals tous temps, civils et/ou militaires, qui manquent encore (sur le modèle, sauf erreur de ma part, des Coast-Guards des Etats-Unis, où l'on ne plaisante pas avec les risques, au moins sur les côtes dangereuses). Le coût des navires et des équipages serait important (à chiffrer) mais il serait à comparer avec le coût des indemnisations et manques à gagner provoqué par les marées noires (à chiffre également). De plus, l'activité d'une telle flotille sur nos côtes redonnerait vie à des ports et à des parages trop désertés aujourd'hui par les activités maritimes. 

Nous suggérons donc aux militants associatifs bretons et normands que sur ces deux points: interdiction de passage des navires hors normes et mise en place de moyens renforcés de surveillance et d'intervention, des dossiers soient constitués, et que toutes les pressions utiles soient faites sur les hommes politiques, élus et, bien sûr, ministres, pour que ces demandes soient prises en considération. Internet permettra de tenir les populations côtières informées de l'état des négociations.

Indiquez-moi d'autres points que vous jugeriez utile d'évoquer..

 

http://www.admiroutes.asso.fr/action/erika/jamais.htm