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Internet et l'action des communes
pour la protection du littoral
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 2 pages par Jean-Paul.Baquiast jp.baquiast@chello.fr 06-11-2000

Les collectivités locales, notamment littorales, sont de plus en plus sensibilisées aux dommages que subissent les espaces côtiers du fait des pollutions par substances dangereuses, venant tant des pratiques du transport maritime que des usages agricoles. Malheureusement, comme le rappelle Michel Delebarre dans Le Monde du 4 novembre 2000, le droit maritime « tient à l’écart les collectivités littorales, du fait…qu’il relève exclusivement de l’Etat, propriétaire du domaine public maritime. ». Le droit de l’environnement serait plus favorable, mais il suppose un renforcement, notamment afin de « pénaliser » ou « criminaliser » les auteurs de pollutions graves. 

Ce relatif vide juridique  ne doit pas être une raison pour décourager les collectivités locales d’agir. D’une part, elles disposent de certains pouvoirs réglementaires, modestes, mais qui mis en synergie, peuvent jouer un rôle préventif et curatif non négligeable. D’autre part et surtout, elles abritent de nombreuses associations, groupes de citoyens,  entreprises et acteurs économiques qui ne demanderaient pas mieux que se fédérer à travers elles pour créer une opinion, voire une force d’intervention, face à la déréglementation et la course au profit immédiat imposées par les grands groupes internationaux.. 

Mais dans les deux cas, il serait vain de tenter de coopérer avec  ces forces vives sans l’appel à un média moderne, qui est Internet. Celui-ci permet d’abord de mettre en réseau, par la messagerie, toutes les bonnes volontés sur l’ensemble du territoire national voire européen, afin de constituer des cercles (rings) ou communautés d’intérêts actives. Internet permet également, sur des sites web dédiés à ces questions,  de publier ou échanger toutes informations et services utiles (réglementations, dossiers, statistiques, aide juridique, échanges de recettes, courriers) nécessaires à des acteurs peu informés au départ. Internet permet enfin d’interpeller les administrations de l’Etat et de l’Union européenne pour signaler les disfonctionnements, exiger des informations complémentaires, se faire reconnaître comme partenaires dans la protection du littoral.

Il est urgent que les collectivités  locales prennent conscience de ces nouveaux moyens et se dotent des outils et de la formation minimum permettant de les utiliser. D’ores et déjà, des interventions citoyennes et militantes ont commencé à se regrouper, suite au naufrage de l’Erika. L’affaire de l’Ievoly sun va accélérer  ce mouvement. L’expérience des initiatives coopératives d’information lancées suite au naufrage de l’Erika par différentes associations, autour du Radiophare de l’Ile de Ré (www.radiophare.net/), l’action de fédération d’associations militantes comme le collectif citoyen anti-marées noires de Nantes-St Nazaire (http.collectif.littoral.free.fr) montrent la voie.

 Il faudra que les communes littorales s’unissent et acceptent de participer à ces actions, au delà d’éventuelles divergences politiques superficielles toujours possibles. L’objectif à court terme sera  de cartographier l’ensemble des espaces concernés (Systèmes d’informations cartographiques), localiser les points sensibles, les risques, les atteintes à l’environnement, les ressources palliatives, mettre en place enfin des réseaux de « veilleurs » bénévoles ou financés sur ressources publiques et privées, pour alerter les citoyens et les autorités de tous phénomènes anormaux ou comportements à risque.  Il sera nécessaire enfin, pour sensibiliser l’opinion, d’obtenir la publication sous une forme exploitable des données concernant les navires hors-normes, les rapports des inspecteurs des ports  et des sociétés de certification,  les journaux de bord des Cross, COM et navires d’interventions (Abeilles).

 A moyen terme, ces réseaux serviront aussi à la publication de rapports documentés, qui existent déjà mais restent confidentiels,  concernant la création de garde-côtes nationales et européennes, le rôle des administrations en charge de la mer, celui de la future agence maritime européenne, l’évolution des budgets publics  consacrées à la politique de la mer, avec une mise en perspective des dépenses consenties et des économies apportées par la prévention des pollutions. L’on devra suivre également en temps réel les politiques discutées puis mises en œuvre par les ministres européens des transports, face aux propositions de la Commission européenne et du Parlement européen.

 Inutile de dire enfin que les médias, et notamment la presse quotidienne régionale, par leurs productions traditionnelles et par leurs sites Internet, devront être des correspondants actifs de ces réseaux.

 Voir aussi un nouveau réseau d'informations sur la mer L'information pour les professionnels du littoral A-Pic http://www.a-pic.fr/

http://www.admiroutes.asso.fr/action/erika/colloc.htm
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