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L'Internet, l'euro et la refonte de la gestion des organismes

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L'éditorial de Jean-Paul Baquiast

31 Janvier 1998

Le risque: remettre la modernisation à plus tard

Le plan d'action gouvernemental pour la société de l'information donne une place majeure à la généralisation de l'internet pour la modernisation des méthodes de travail de l'Administration, à la fois pour améliorer le service rendu au public et accroître son efficacité interne.

Dans ce cadre, les administrations sont invitées à faire preuve d'exemplarité en mettant en oeuvre dans un délai très rapproché plusieurs projets particulièrement innovants. On citera  notamment les objectifs suivants:
- Diffuser sur internet les données publiques essentielles.
- Doter chaque service administratif d'une adresse internet.
- Dématérialiser les procédures administratives.
  Ce domaine comporte des conséquences complexes sur de nombreuses applications administratives en amont, dont la réalisation ne peut être différée. C'est le cas de la publication des appels d'offres et la dématérialisation de l'exécution des marchés en matière de commande publique.
 - Généraliser la messagerie et l'intranet dans l'Administration.
- Former et sensibiliser les agents aux nouvelles technologies.
- Transformer les méthodes de travail au sein de l'Etat.

 La réalisation de ces différents objectifs, accompagnés de plannings d'exécution stricts (commencer sans délais, et viser un premier niveau d'achèvement avant l'an 2000), incombe autant aux services de gestion qu'aux services informatiques et techniques. Elle suppose, outre la mise en place d'outils, une refonte et un allégement des méthodes de gestion.

Dans le même temps s'imposent d'autres objectifs, également incontournables : le passage à l'euro, qui lui aussi touche également la gestion et l'informatique, et le passage à l'an 2000, qui concerne plus particulièrement l'informatique.

Ceci veut dire concrétement que, pour réussir la réalisation opérationnelle du plan gouvernemental, en même temps que le passage à l'euro et à l'an 2000, il serait indispensable de prendre des mesures exceptionnelles, non seulement au niveau de l'informatique, mais au niveau des services en charge de la gestion administrative.

En effet, si l'on ne fait rien, non seulement les services informatiques, mais aussi les services gestionnaires, se limiteront strictement  au minimum, c'est-à-dire à la conversion des francs en euro et au passage à l'an 2000. Tout ce qui concerne Internet et la modernisation de la gestion  risque d'être rejetté au delà de 2002.

Or ces questions doivent être abordées dès maintenant, en visant deux dates d'arrivée, le 1.1.1999, qui coincide avec   la première phase du passage à l'euro, et 2000-2001, où se fera le basculement d'ensemble.

La même exigence s'impose, sous des modalités différentes, dans les entreprises.
Que faudrait-il faire en pratique pour ne pas passer à côté des opportunités de modernisation en profondeur ?
Un programme de modernisation de la gestion
Il fautdrait, dans chaque organisme, mettre en oeuvre un véritable programme interdirections de modernisation de la gestion, en amont des procédures d'exécution de la dépense impactées d'ores et déjà par le passage à l'euro. Ce programme tiendra compte des inévitables et nombreux changements apportés par l'euro, mais aussi et dans le même temps de ceux résultant de la généralisation de l'Internet.

Les ministres ou les PDG s'organiseront de façon différente selon la configuration de leurs services ou de leur entreprise, mais d'une façon générale, en dehors de leur implication personnelle, ils pourront prévoir de :

 - Désigner un haut  cadre personnellement responsable du projet " Modernisation de la gestion ", en liaison avec le responsable euro .

- Mobiliser les directions  ou services et organiser précisément le travail des différents responsables

 Il est nécessaire d'identifier et de responsabiliser les services gestionnaires et les services informatiques compétents au niveau central et au niveau local, les chargés de la communication interne et externe, les documentalistes, les personnels en charge de l'accueil et des relations avec le public ou le client, les responsables de formation, etc..

 - Dégager les ressources humaines, les moyens techniques et les budgets adaptés

 Sur la base des propositions opérationnelles des services, il convient de recenser les équipes en charges des projets, de déployer les infrastructures nécessaires, en y consacrant les budgets appropriés. 

- Constituer des plates-formes d'intégration et de test pour valider les programmes, vérifier la cohérence d'ensemble et la tenue des délais.

 - Suivre l'ensemble des plannings de réalisation des projets,  organiser des contrôles d'avancement et de qualité, émettre des fiches d'alertes, conformément aux processus Qualité aujourd'hui indispensables.

- Définir les standards techniques et les interfaces nécessaires pour garantir la compatibilité et l'interopérabilité des solutions mises en oeuvre, en interne et avec les autres organismes.

  - Ouvrir le dialogue avec les organisations syndicales sur la base d'une présentation détaillée de l'ensemble des mesures et des conditions de mises en oeuvre. Cet aspect est loin d'être secondaire. Une incompréhension des personnels, informaticiens ou gestionnaires, auraient des conséquences irréparables.

http://www.admiroutes.asso.fr/action/edito/1998/euro.htm