L'éditorial du 29 Juin 1997
Les enjeux conjugués du commerce électronique et de l'euro.

Les entreprises européennes grandes et petites doivent se préparer beaucoup plus activement qu'elles ne le font aux échéances et aux enjeux conjugués du commerce électronique et de l'euro. Ce message doit être dit et répété, notamment de la part des Pouvoirs Publics nationaux et européens. Il ne s'agit pas d'inquiéter les chefs d'entreprises, mais de leur rappeler les exigences de leur métier, métier rythmé par des formes toujours renouvellées de concurrence.

Le problème du commerce électronique ne se limite pas à la question de savoir si l'on va ou non se connecter à Internet. Celui de l'euro n'est pas davantage restreint à l'acquisition d'un progiciel comptable pourvu d'un convertisseur. Ce sont là effectivement des questions d'intendance. Les vraies questions, celles que doivent se poser les chefs d'entreprises, les conseils d'administration, sont autres. Elles peuvent se résumer en une seule, comment vais-je réagir face à tous les bouleversements qui vont se produire dans les prochaines années, avec l'avènement du commerce électronique et de l'euro?

Dans les deux cas, il faudra revoir les approches commerciales, les offres de produits et services, les contenus de valeur ajoutée proposés avec des partenaires traditionnels, et finalement l'ensemble de la stratégie d'entreprise.

Seul le patron est capable -c'est son métier- de prendre le recul nécessaire face aux acquis comme aux difficultés du moment, afin d'anticiper l'arrivée de nouveaux acquis, de nouvelles difficultés.

Les PME/PMI paraissent particulièrement démunies face à cette nécessité d'anticiper. Elles se tournent souvent vers leurs conseils naturels, banques, consultants en gestion, experts-comptables...Ceux-ci ne sont pas toujours mieux informés. Il y a là un véritable problème de survie pour ces PME, qui nécessite une réaction d'autant plus rapide que le temps est désormais compté. Le commerce électronique est déjà une réalité dans certains secteurs. Quant à l'euro, 400 jours seulement séparent de l'échéance.

Le temps est d'autant plus compté que les mesures à prendre supposent des solutions informatiques et organisationnelles qui ne s'improvisent pas.

C'est là que se mesure la justesse de ceux ayant depuis longtemps misé sur la dématérialisation des procédures et l'EDI. Selon par exemple (source IBM Euro Forum for Government, Bruxelles, 26/27 juin 1997) M. Wilfried KAISER, directeur de la Federation of German Pension Insurance, le passage à l'euro ne posera pas de problèmes particuliers en matière de formulaires administratifs, ceux-ci ayant été tous remplacés pas des Echanges de Données Informatiques entre entreprises, organismes sociaux et banques. Mme Valérie GALLAND, de l'Agence Centrale des Organismes de Sécurité Sociale française, mentionne au contraire la nécessité de modifier des dizaines de formulaires-papier, avec les manipulations subséquentes de dizaines de millions de documents. Ceci parce qu'en France, ni les organismes sociaux, ni le ministère de tutelle, ni la Cosiform n'avaient jugé opportun de rendre l'EDI obligatoire dans le domaine social, non plus qu'en aucun autre.

Sur les stratégies liées à l'euro, on consultera le nouveau site ouvert par la Commission européenne http://www.cordis.lu/esprit/src/y2keuro.htm

De même, sur le commerce électronique, nous signalons le travail accompli par M. Hervé FRENOT, http://www.vachement-net.com/enquete.htm