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Compte-rendu du club des responsables de sites web administratifs

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3 pages

par Vincent Bénard

 15 juin 1999

Le Service d'information gouvernemental (SIG) organise, une fois par mois, une rencontre des webmestres de sites ministériels, dans laquelle divers sujets sont abordés. Au menu de la dernière édition:

I- Faciliter l'usage des sites pour l'internaute:

Le World Wide Web Consortium (W3C pour les intimes) publiait exclusivement, jusqu'ici, des spécifications à caractère très technique pour caractériser les standards du web: les différentes versions du langage HTML, XML, protocoles de transmission, etc....

Il vient de rompre cette tradition en publiant une suite de recommandations didactiques simples, et non-techniques, à l'usage de tous ceux qui doivent publier de l'information sur internet. Ces recommandations sont disponibles en français sur le site http://www.braillenet.jussieu.fr/education/livreblanc/

Voyons quels en sont les grands principes, et notamment les éléments concernant les publics mal ou non-voyants.

Principes généraux:

  1. Pas d'exclusion technologique : Les sites (et tout particulièrement les sites publics) doivent permettre un accès facile même aux personnes accédant au web avec des matériels ou des logiciels anciens ou non mis à jour : écrans de 640 pixels de large, versions anciennes des navigateurs, etc... Le SIG a constaté que si 65% de ses visiteurs disposaient d'un navigateur de génération 4 ou postérieure, 24% utilisent un navigateur en version 3, et 11% un navigateur en version...2 ou antérieure. Il convient donc de ne pas imposer au visiteur une mise en page en DHTML, ou une résolution d'écran, ou la présence d'un plug-in comme Flash (logiciel d'animation d'images sur internet) pour utiliser un site.
  2. Faites Léger ! : Le temps de chargement trop élevé des pages est la première cause d'insatisfaction des utilisateurs de sites web. Aujourd'hui, on estime que toutes images incluses, une page d'accueil de site ne doit pas dépasser 30 Ko (NDR. Les sites les plus visités au monde se situant généralement en dessous de 20). Les images, notamment, doivent systématiquement faire l'objet d'une optimisation adaptée au web.
  3. Doubler tous les éléments graphiques par un équivalent textuel: Toute image devrait posséder un texte clair d'affichage par défaut (balise HTML: "ALT"), voire être doublée d'un lien hypertexte classique et explicite. Cette recommandation résulte du fait que les liens explicites sont souvent mieux compris que les liens en image seule. Ce conseil devient une préconisation obligatoire dans le cas de sites accessibles aux non-voyants: en effet, ceux ci accèdent au web via des outils de lecture séquentielle
    à synthèse vocale: l'absence de texte rend la lecture du site impossible.

    Le site internet.gouv.fr propose de doubler sa version graphique par une version "texte seul" dépourvue de toute image. Chaque page pèse ainsi moins de 8Ko et l'accessibilité à tous les accédants au réseau est mieux garantie.
  4. Frames ou pas frames: Pas de position ferme du W3C, mais il est recommandé de limiter eu maximum l'usage des frames, et si le site en comporte, il convient que chaque cadre soit nommé, que chaque fichier alimentant les cadres soit titré et que des éléments même légers de navigation figurent sur toutes les pages apparaissant dans les frames, et pas uniquement sur les cadres de navigation pure.
  5. Titre des pages <Title>: le titre des pages doit être clair et explicite même en dehors du contexte du site. Les titres sont un élément de repérage essentiel de l'utilisateur. Pour les non-voyants, il s'agit même de l'élément essentiel du repérage des pages.

 

Technologies utilisables pour les non voyants:

L'usage des feuilles de style (CSS) est très intéressant vis à vis des non voyants: en permettant de séparer texte et contenu, elle permet aux lecteurs des non voyants d'ignorer les balises de mise en forme et de lire, linéairement, les parties textuelles. Malheureusement, la plupart des navigateurs en version inférieure ou égale à 3 ne reconnaissent pas les CSS. Il faudra donc, si on utilise cette technique, doubler le site d'une version très simplifiée (texte) afin de respecter le principe de non exclusion.

Ou en est l'application de ces principes sur le web

On constate que si les principes de légèreté, de réduction du nombre de cadres, de graphismes sobres et d'adaptation à tous les publics gagne du terrain, notamment aux USA, beaucoup de sites actuels restent fidèles à un courant de pensée opposé, privilégiant le graphisme très évolué et la performance technologique par rapport au web plus sobre prôné par le W3C (NDR. Cette ligne est également défendue par Jakob Nielsen, www.useit.com, et par Alain lefebvre, www.auditweb.net ).

Eléments d'explication: :

  1. les débuts du web ont été marqués par une croyance disant que le support web était "multi-média", donc les sites devaient êtres "multi-média" sous peine de paraître "ringards" ou "démodés technologiquement".

  2. les sociétés de services vendent plus cher les solutions complexes et "riches"
  3. les développeurs multimédia issus du monde du CD-ROM ont voulu transposer sur internet les conceptions graphiques "lourdes" propres à ce média.
  4. les chefs de projet manquaient de recul et d'information sur le sujet.

 

Aujourd'hui, il convient que tout chef de projet soit sinon expert du moins fortement sensibilisé à ces principes de conception des sites web faciles à utiliser, afin de pouvoir analyser en connaissance de cause les offres des différents prestataires, et de pouvoir exercer une maîtrise d'ouvrage active.

II - Améliorer votre site "vite" et "pas cher"

Quelques sites gratuits vous proposent des services utiles pour améliorer votre site:

www.netmechanics.com : se propose d'optimiser vos images, de vérifier vos liens, de vérifier le temps de chargement de vos pages, ou la qualité de votre code HTML.

 

III - Optimiser l'administration d'un site

Nous avons eu une démonstration de l'intérêt, côté production, d'utiliser des techniques dynamiques pour alimenter un site. Ces techniques ont été appliquées à un site de magazine en ligne (qui édite aussi sur papier), dont le contenu est administré par les journalistes eux mêmes, qui ne peuvent en aucun cas perdre du temps à l'apprentissage d'outils complexes. Ces outils s'appuient sur un moteur de gestion de site via une base de données (dans l'exemple montré, c'est ASP qui était retenu, mais il existe d'autres produits pouvant faire l'affaire ), et sur une mise à jour des pages déconcentrée via un formulaire présent sur l'intranet . Les utilisateurs saisissent du texte en vrac (ou collent des textes word) , et la mise en forme, le placement des liens sont automatiques. C'est un gros progrès en terme de simplicité par rapport aux éditeurs HTML classiques dont les fonctions sont surabondantes pour un producteur de contenu simple.
On peut également intégrer des documents plus complexes, du son, des images, de la vidéo.

Le surcroît de coût de conception est vite rentabilisé par les gains de productivité dans la maintenance. En revanche, il faut veiller à ce que les technologies employées et les contrats avec les prestataires permettent de porter le site d'un environnement à un autre et nous rendent indépendants du prestataire initial du site, ce qui permet de maintenir une concurrence entre les prestataires aux différentes étapes de l'évolution du site. De plus, si la production est dynamique, il convient de publier des pages statiques (sur le serveur de publication, différent du serveur de travail) à chaque fois que le dynamique n'apporte pas de plus value à l'utilisateur: en effet, l'abus de pages dynamiques en sortie peut saturer le serveur d'hébergement si le site est très fréquenté et/ou le serveur sous-dimensionné.

http://www.admiroutes.asso.fr/action/courriel/divers/clubweb0615.htm