Zoologie:
vers une espèce nouvelle?

par Jean-Paul BAQUIAST le 15 juin 1997

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Résumé d'une Communication à l'Académie des Sciences Emergentes et Sidérantes,  Section  "Zoologie", sous-section "De la Mutation à la Spéciation".

séance du 15 juin 1997.

L'apparition dans une espèce vivante donnée, chez un ou plusieurs individus, de traits génotypiques ou phénotypiques nouveaux, conduit les chercheurs à se demander s'il s'agit ou non de l'émergence d'une espèce nouvelle. Avant de se prononcer dans un sens ou un autre, il leur faut expérimenter longuement.

C'est le cas en ce qui concerne le bêta-bloquant, dont certains individus sont apparus récemment dans l'espèce humaine homo sapiens sapiens, à l'occasion du développement d'Internet. Nous ne reviendrons pas sur les caractéristiques de ces individus, qui ont fait l'objet de nombreux travaux, notamment au sein de cette Académie S'agit-il d'une espèce nouvelle, appelée à se répandre en même temps que s'étendra le réseau des réseaux?

Une espèce nouvelle se caractérise, entre autres signes objectifs,  par la disparition de l'aptitude à l'interfécondité. L'on comprendra cependant que, pour des raisons éthiques évidentes, il ne soit pas possible d'interroger des individus, mâles ou femelles, supposés bêta-bloquants, sur leur aptitude à se reproduire avec des individus de l'autre sexe. Tout au plus peut-on constater que les bêta-bloquants semblent s'apparier avec des partenaires manifestant des comportements voisins, mais le contraire s'est vu aussi, sans conséquences immédiates sur l'équilibre du couple.

En l'absence d'études sur l'interfécondité spécifique, il est nécessaire de relever les spécificités comportementales pouvant faire suspecter l'apparition d'une espèce nouvelle. Là encore, cependant, les chercheurs s'interrogent. Ces spécificités paraissent évidentes, nous l'avons dit. Internet ou Intranet semblent indiscutablement en être les facteurs déclenchants. Mais ne faut-il pas se demander si ces spécificités n'existeraient pas déjà, sous forme latente, chez de nombreux autres individus,  où elles ne se seraient pas révélées du fait que ces individus (comme une grande partie de la population concernée, en France tout au moins), n'ont pas entendu parler d'Internet.

Dans ce cas, jusqu'où ne conviendrait-il pas de faire remonter l'émergence de la mutation betablocans  et donc l'apparition de l'espèce nouvelle? La question n'est pas triviale. En cas de réponse affirmative (espèce depuis longtemps apparue) peut-être serions-nous conduits à distinguer des homo sapiens sapiens betablocans ayant précédé l'homo sapiens sapiens betablocans internetans. Le betablocans pourrait peut-être  lui-même être apparu bien avant le sapiens sapiens, si bien que nous pourrions parler d'un homo sapiens betablocans, voire d'un erectus betablocans. Malheureusement, à nouveau, les preuves manquent. Les archives provenant de la préhistoire ne permettent pas de mettre en évidence des traits caractéristiques de la bêtablocance. Les mains dites "négatives" peintes au pochoir  (grotte de Cosquer, quaternaire proche) montrent au contraire un intérêt naissant pour la digitalisation, qui serait le contraire d'une symbolique bétablocante. Tout au plus pouvons nous suggérer qu'à ces lointaines époques, Internet n'existait pas, ce qui élimine l'hypothèse d'une mutation internetans précoce.

Nous voici donc revenus à la nécessité de rechercher, hic et nunc, des traits génériques pouvant faire suspecter l'émergence d'une nouvelle espèce. Les bêtabloquants se regroupent-ils entre eux? La réponse est en principe affirmative. Mais les exceptions sont nombreuses. De nombreux bêtabloquants isolés ont été identifiés, même dans les communautés Internet. Cependant, ils n'affichent pas toujours ce trait avec clarté, pouvant au contraire apparaître comme favorables à Internet (pour mieux le détruire, peut-être?). L'on pourrait alors parler d'une variété de "bêtabloquant compétent", très différente du bêtabloquant incompétent, qui semble la variété la plus répandue.

Quant aux signes physiques, là encore, pour des raisons éthiques, il nous est difficile d'en parler. On ne peut réduire un être vivant à sa seule apparence. Tout au plus pourrait-on suggérer que les bêtabloquants partagent entre eux une certaine rigidité dans les doigts, un certain manque d'acuité dans l'oeil, qui les tient éloigné des claviers et des écrans. Mais demain, de tels faiblesses ne seront plus caractéristiques, avec le développement des users' friendly interfaces...

Pour conclure, il faut replacer  ce bref exposé des incertitudes actuelles de la science relative à la portée des traits bétablocants au sein de l'espèce humaine contemporaine, dans le débat plus général sur le darwinisme. Malgré les résurgences actuelles d'un créationnisme primaire, qui pourrait laisser penser que le passage par le stade bétabloquant représente l'accomplissement d'une logique interne préétablie, quasimment d'inspiration divine, la communauté scientifique reste fidèle à la thèse selon laquelle les nouveaux caractères, et les nouvelles espèces, apparaissent par interaction entre des modifications de l'environnement et des espèces, voire des gènes, en compétition darwinienne. Si le bétabloquant présente donc des traits propres à des comportements de blocage plus anciens, il présente des caractères résultant directement d'une réaction de survie face à l'Internet, qui pourra ou non donner naissance à une nouvelle espèce, en fonction de l'évolution respective des divers facteurs en conflit.

Sur le Darwinisme en général, Patrick TORT, Dictionnaire du Darwinisme et de l'évolution. PUF 1996.

Sur le comparatisme ethnographique, Jean CLOTTES et David LEWIS-WILLIAMS, les Chamans de la préhistoire. Seuil 1996

Voir aussi le toujours actuel Richard DAWKINS, The Selfish Gene, Oxford University Press, 2e édition 1989

Note complémentaire: Certains observateurs ont par ailleurs fait remarquer que ces désormais célèbres Chroniques du Bêta-bloquant semblaient actuellement contribuer à limiter l'expansion du caractère bétablocant. Il s'agirait d'un résultat qui, s'il se trouvait vérifié, mériterait à son tour une analyse scientifique.

je n'ai rien compris et vous?
Après une seconde lecture le 26 août 1999, et un démarrage en apnée, je l'appréhende un peu mieux, mais quand même...
la
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Les chroniques du bêta-bloquant
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