Physique:
recherche de la particule b.blocon et de son antiparticule.

par Jean-Paul BAQUIAST ( 14 Juin 1997)

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(adapté d'un article de Quantic physics today and to morrow, avril 1997).

Les physiciens des particules se sont récemment intéressés à l'hypothèse selon laquelle les comportements qualifiés de bêtabloquant, si souvent dénotés chez les êtres humains à l'occasion du développement de l'Internet, pourraient résulter non de l'influence d'un gène entraînant des conséquences neurologiques, mais de l'interaction entre le génome ou les neurones du cortex associatif et une particule subatomique non encore identifiée.

L'on sait qu'au terme du principe d'incertitude de Heisenberg, il est impossible de déterminer à la fois la position et l'impulsion d'une particule, c'est à dire de la situer dans l'espace et dans le temps. La particule est, si l'on peut dire virtuelle. Elle ne peut être caractérisée que de façon probabiliste, sur la base d'observations statistiques.

C'est un peu ce qui se passe en présence d'une foule d'individus parmi lesquels l'on suspecte l'existence d'un bêtabloquant. A priori, rien ne permet de localiser l'éventuelle particule -que nous appellerons par commodité b.blocon- ni au sein de cette foule, ni à l'intérieur de l'un ou l'autre des individus composant cette dernière. Tout au plus pourrait-on suspecter sa présence, à partir de considérations statistiques sur l'âge, l'origine, la profession desdits individus.

Pour mettre en évidence une particule en physique des hautes énergies, il faut la faire interagir avec un instrument, par exemple une chambre à bulle. Comme l'on dit, se produit alors la résolution de son paquet d'ondes, ou collapsus. La particule perd alors ses caractéristiques quantiques, mais elle peut en échange provoquer un effet matériel, par exemple provoquer la mort du célèbre chat de Schrödinger.

Fait troublant, c'est bien ce qui paraît se passer avec l'hypothétique b.blocon. L'énonciation d'un mot, ou mieux d'une phrase, vantant par exemple l'intérêt de l'Internet, la nécessité de s'y investir, provoque généralement l'apparition dans la foule d'un phénomène de blocage, affectant l'une ou plusieurs des personnes présentes. Tout peut laisser penser alors que ce mot a interagi avec un b.blocon virtuel présent dans cette foule, et provoqué la résolution de son paquet d'ondes.

Le résultat de cette interaction se manifeste par le phénomène facilement détectable, au niveau macroscopique (analogue à la mort du chat de Schrödinger) qu'est la réaction de blocage. Un blocage apparaissant chez un individu peut d'ailleurs facilement se propager, d'une façon quasi instantanée ressortant de la mathématique des catastrophes, à l'ensemble de la foule. C'est alors cette dernière en choeur qui reprend des propos recensés dans le dictionnaire béta-bloquant-français édité par ailleurs dans ces chroniques, ou se comporte de façon impulsive parfois lourdement handicapante.

Chaque particule ayant son antiparticule, de signe électrique inverse, les physiciens commencent à rechercher l'anti-b.blocon, qui pourrait annihiler le b.blocon. Ces phénomènes d'annihilation se faisant généralement avec de forts dégagements d'énergie, c'est ce qui pourrait expliquer la chaleur (sinon l'acrimonie) des échanges qui se produisent dans un groupe lorsque d'éventuels porteurs de la particule anti-b.blocon rencontrent des porteurs du b.blocon.

Pour en savoir plus: voir Diafoirus et al: De beta-blocante mecanismo in humanis societatibus. Editions Admiroutes 1996 (épuisé).

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