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Archives 1998-1997
Le mulot d'honneur d'admiroutes est attribué:

le mulot d'honneur
En décembre 1998 (et pour toute l'année 1998- ce sera notre cadeau de Noël) à Paul Virilio, qui lors de l'émission Tapage sur FR3 du 3 décembre 1998 consacrée à  Internet, a mis une nouvelle fois  la France et notamment les jeunes en garde contre Internet.
" Cette technologie mal maîtrisée peut être aussi dangereuse que les chemins de fer. N'oublions pas que c'est grâce aux chemins de fer que les armées du Kaiser ont pu envahir la France en 1914 (ndlr ou en 1870, nous ne sommes pas certains de la citation)".

Certains gourous de la contre cyberculture pourraient peut-être envisager une retraite en TCP/IP


En novembre 1998, à Laurent Ruquié qui déclare vers 11h40 sur France Inter, dans son émission "Dans tous les sens" du 11:
"Internet, j'essaie de me brancher depuis une semaine, j'ai toujours rien compris, il me manque toujours quelque chose, un cordon..., c'est trop compliqué".

Un  snobisme récurrent: Ne rien comprendre à internet dont se vantent tous les gens chics  (en France, du moins).


En octobre 1998, conjointement à la Fondation Gugenheim et au Musée National d'Art moderne de Paris.
Ces deux institutions organisent à New-York, du 16 octobre au 24 janvier, une exposition conjointe, intitulée "Rendez-vous" dont, nous dit Le Monde du 18/19 octobre, p. 24, le catalogue de 720 pages, compte 475 illustrations dont 400 en couleurs. Ce catalogue n'est pour l'instant disponible qu'à New-York, sous forme papier, sous couverture souple ou rigide, pour le prix de $45 ou $75.


Bravo pour l'expostion. Mais tant pis pour ceux qui ne pourront, ni aller à New York, ni acheter le catalogue.
Les deux organismes auraient-ils perdu beaucoup d'argent ou de prestige, en mettant ce catalogue sur Internet. Elles font montre, en ne le faisant pas, d'une conception élitiste de l'art qui aujourd'hui, devient franchement insupportable. Nous y reviendrons.


En septembre 1998, à la France, qui n'a pas jugé bon de participer au Consortium ETHOS.
ETHOS, http://www.ethoseurope.org est l'observatoire des technologies et des opportunités d'affaires des Programme d'Applications Télématiques de la Commission Européenne, dont l'importance n'est pas à souligner. Le Consortium comporte 8 membres dont 5 Britanniques.

Ceci n'expliquant certainement pas cela, les 36 pages de Ethos newsletter pour Septembre ne mentionnent aucun projet d'origine française.


Toujours en août 1998, pour la valeur du demi-mulot d'honneur restant à attribuer, à Pierre Nora qui, dans la critique qu'il a donnée du Tome IV de l'Edition française depuis 1945, Editions du Cercle de la librairie, critique intitulée "L'édition entre la page et l'écran" (Le Monde du 21 août 1998, p. 21) termine par ces mots:
"Mais comment en refermant ce beau livre, ne pas se demander si, dans un univers de la dématérialisation de l'écrit, et devant le banquier, l'industriel et l'électronicien, l'éditeur peut encore rester le maître de l'édition?"

Bonne question. Mais faut-il un maître à l'édition, et pour quoi faire?


En août 1998, pour la valeur d'un demi-mulot d'honneur, à Gilles de Robien, député de la Somme, maire d'Amiens. Nous ne pouvons qu'être d'accord avec Gilles de Robien quand il déclare (Le Figaro du 8/9 août 1998), que pour rattrapper le retard français sur Internet, il faut une réflexion politique sur les NTIC, avec notamment des équipements à haut débit dans les régions, du capital-risque et diverses mesures d'encouragement à la formation et à l'utilisation.
Qu'il nous permette cependant deux remarques, qui justifient l'attribution de ce demi-mulot: pourquoi ne pas citer le gouvernement actuel, qui fait -sans doute trop lentement ou trop maginalement encore, mais qui fait-  la politique réclamée? Et pourquoi, sous le précédent gouvernement, n'avoir pas ajouté cette grande voix à celle des Martin-Lalande, sénateur Laffitte et Admiroutes elle-même (voir à ce sujet nos articles de l'époque, par exemple  celui du 10/02/1997 "Ce que nous aimerions entendre proposer par les hommes politiques pour la maîtrise de la société de l'information")? Nous étions bien seuls, en ce temps si proche et déjà si loin, à dire ce que tout le monde aujourd'hui semble découvrir.


En juillet 1998 à l'Agence de Régulation des Télécommunications, qui vient de publier son rapport (pour 1997) dont l'intérêt n'échappera à nul internaute, mais qui malheureusement n'est édité que sous format papier, pour un prix non négligeable. Il faut bien vivre.

Nous suggérons qu'à l'avenir, la publication de ce rapport soit confiée à des moines copistes cisterciens, sur parchemin pur veau (ou pur porc, au choix), avec enluminures carmin, or et bleu céruléen. Ainsi, seuls les plus riches des opérateurs de télécom pourraient-ils l'acquérir.

A la réflexion, l'ART, es-qualité, mérite pour ce fait d'armes un DOUBLE mulot d'honneur. Qu'il en soit ainsi décidé.

PS: on nous a aussi suggéré d'attribuer un mulot d'honneur aux autorités ministérielles qui ont affirmé que le passage à l'An 2000 n'est qu'une bulle gonflée par les SSII. Respectons cependant la hiérarchie, et gardons nos commentaires pour nous. Comme l'a dit très bien l'ami Christian Scherer lors d'une dernière séance du Cawa: " L'an 2000 n'a qu'à bien se tenir. ILS NE PASSERONT PAS!".

2ePS: bien que nous n'ayions pas l'habitude d'attribuer plusieurs mulots le même mois (il ne faut pas déprécier cette marque d'estime), l'équité nous oblige, tout à fait exceptionellement, à en donner également un à la CNIL, qui vient de publier son rapport...à la Documentation Française exclusivement... Voir nos commentaires dans le Flash -info


En juin 1998 au Professeur Bruno Lussato, qui, lors d'un colloque de la Fondation Nationale Entreprise et Performance au Palais de la Découverte, le 16 Juin 1998, consacré au thème de l'Entreprise, l'Administration et les nouveaux moyens de communication, a comparé l'Internet au Titanic, navire réputé insubmersible qui est allé à toute vapeur s'éventrer dans les glaces.

Certains auditeurs ont cru comprendre que ce désastre annoncé serait dû à la fascination pour la technologie, et au manque de culture des contenus.

L'auditoire, ravi d'apprendre qu'il n'était plus nécessaire d'essayer d'embarquer sur un navire déjà condamné, s'est empressé d'applaudir.


En mai 1998 à Bruno Berthet, Saturne Communication, responsable du Festival de Biarritz (26-29 mai 1998)

"L'audiovisuel est plus spécialement utilisé pour la communication interne, pour raconter des histoires, faire passer des émotions, ce que les CD-Rom et l'Internet ne savent pas faire" Le Monde du 30 mai 1998, p. 20.

C'est l'Internet qui ne sait pas faire, ou ceux qui s'en servent?


En avril 1998 à l'Ena
En derniere page du journal Le Monde en date du mercredi 15 avril, dans un tout petit coin en bas a gauche, un communique de l'ENA....

"L'Ecole Nationale d'Administration vient d'editer un recueil des meilleures copies des concours 1997. Ce document est en vente de 9 h 00 à 17 h 30 a l'ENA ... Toute personne interessée peut egalement en obtenir l'expédition moyennant la somme de 150 F, libellé a l'ordre de l'AGENT COMPTABLE DE l'ENA, accompagnée d'une enveloppe timbree format 21x27 affranchie a 16 F, etc...".

Comme l'écrit l'un de nos correspondants qui nous a signalé l'article:
A l'heure d'Internet, de l'information électronique en reseau, du Web, de l'accès large et gratuit a l'information du domaine public, il est intéressant de voir l'ENA entrer ainsi de plain pied dans la société de l'information ....


En mars 1998 à l'émission "la rue des entrepreneurs" de France-Inter en date du 21 mars 1998
(pour la seconde fois)
Une oreille attentive, dans ce numéro consacré à Internet pour les entreprises, et donc aux enjeux du commerce électronique, a surtout entendu des avocats mettant en garde contre les innombrables turpitudes du réseau, des procureurs instruisant à charge, des experts expliquant que l'on peut très bien vivre sans Internet,  et autres personnes apparemment aussi loin du cyber-monde que des réalités économiques. La seule voix compétente était celle de Philippe Lemoine, mais elle était bien encadrée par le célèbre "circulez, il n'y a rien à voir".
Il est vrai que ce mulot pourrait être revendiqué par de nombreux autres médias ayant rendu compte des évènements de la Fête de l'Internet. Il n'a sans doute jamais été autant parlé de pédophilie que pendant ces deux jours - à croire qu'un pédophile sommeille en chacun des internautes.  


En février 1998 à André Gauron
Gouverner c'est aussi prévoir
Selon André Gauron, membre du Conseil d'orientation économique récemment mis en place par le Premier ministre français (cité par Yves Mamou, Le Monde Economie du 17 février 1998, pII)
"Si on regarde sur le moyen terme, on s'aperçoit que de nouveaux gisements d'emplois existent (en France) dans deux secteurs majeurs, le tourisme et le sport".

ndlr: S'appuyant sur cette vision prophétique du futur, qui lui avait jusqu'à présent échappé, Admiroutes envisage de changer de nom et de formule, pour se transformer en Admisports.


En janvier 1998 à Alain Delon.
A la question "la révolution informatique, le multimedia, Internet, ces nouvelles techniques vous concernent-elles?"
Alain Delon répond:
"Moi personnellement je m'en fous... Compte-tenu du peu de temps qui me reste à vivre, je préfère rester dans mon monde à moi, du XXème siécle".
Paris Match, 8 janvier 1998, page 46


En Décembre 1997 à l'ARESER (association de reflexion sur les enseignements superieurs et la recherche). Celle-ci vient de produire un rapport, sans doute très constructif, sur la reforme de l'universite. Les correspondants d'Admiroutes auraient été certainement intéressés par les critiques et propositions faites. Mais nous n'en saurons rien car, apparemment, le rapport n'est disponible qu'en librairie. La réforme oublierait-elle la société de l'information?

PS: il est vrai que l'exemple vient de haut, car l'on attend toujours la mise en ligne du rapport annuel de la Cour des Comptes, que tout fonctionnaire aurait aimé télécharger sur son poste de travail, afin de le consulter en cas d'hésitation. L'ARESER pourrait peut-être offrir de partager sa distinction avec la Cour.


En Novembre 1997 à Marilyse Lebranchu, Secrétaire d'Etat au commerce, ministère de l'économie, des finances et de l'industrie, pour sa déclaration dans "Les enjeux du commerce électronique":

"Excepté les niches commerciales, Internet n'est pas encore le marché du prochain millénaire".  Science et Vie Micro N°155 de décembre 1997.


En Octobre  1997 à Philippe ROOS,  auteur de l"Automobile" chez Flammarion:

"Le Web n'est rien de plus qu'un super-minitel...Or ce dernier a-t-il changé la France?...Pas plus qu'Internet ne changera la face du monde" Marianne, n° 23, du 29 septembre au 5 Octobre.

ndlr: comme quoi l'automobile mène à tout.


En Septembre 1997 à Robert REDEKER, professeur de philosophie, membre du Comité de rédaction des Temps Modernes:

" il est bien plus important d'apprendre à pénètrer...Bérénice...la pensée de Platon...que de perdre son temps...à se laisser apprivoiser par l'idéologie de Bill Gates" Le Monde du 12 Septembre 1997.

ndlr: plus de cinquante personnes nous ont signalé que M. Redeker méritait le mulot du mois de septembre...le mulot? que dis-je? Un triple mulot, une armée de mulots! Ceci dit, nous nous sommes interrogés.
L'article Redeker a pris, dans l'hexagone, quasiment la même importance que l'article de Sokal sur le post-modernisme et la physique. Il y a eu des Pour, des Contre et des Entre les deux. Devions-nous nous immiscer dans cette querelle de grands noms? Quels arguments de plus pouvions nous apporter?
Nous n'en avons qu'un, répondre à la requête de nos chers correspondants. Cette rubrique est la vôtre. Donc le mulot ira à M. Redeker, même si nous donnons un peu l'impression de tirer sur l'ambulance de la pensée bétadébloquante. Qu'en aurait dit Jean Paul Sartre?


En Août 1997 à Louis RONCIN: Président du syndicat national de la télématique (Minitel)

"L'utilité sociale de la Toile est exagérée...Internet s'adresse à ceux qui aiment la lecture, les introvertis, alors que les extravertis comme les sportifs qui préfèrent les contacts ne passent pas 10 heures devant un écran" Cité par Michel Alberganti, Le Monde du 28 août 1997  

ndlr: Autant le mois de juillet fut pauvre en occasion de décerner le mulot, autant celui d'août, suite au discours du premier ministre à Hourtin, multiplie les occasions. N'ayant qu'un mulot à disposition, nous sommes obligés de choisir. Que les candidats non retenus n'en prennent pas ombrage. Ils auront sûrement plus tard d'autres occasions de se faire distinguer.


En Juillet 1997 appel à candidature
ndlr: nous sommes au désespoir d'avouer qu'à ce jour du 24 juillet nous n'avons pas trouvé de candidat digne de ce nom pour le mulot d'honneur du mois.
L'espèce serait-elle en voie de disparition?
Les impétrants craignent-ils de ne pas honorer cette haute distinction?
Serait-ce enfin que nous serions moins bien informés que d'habitude?

Rien n'est perdu il est vrai. Il reste 6 jours au candidat éventuel. Faites-vous connaître d'urgence avec tous justificatifs permettant de vous attribuer ce titre.
Sinon, peut-être avez-vous un candidat à nous proposer?


En Juin 1997 à l'émission "la rue des entrepreneurs" de France-Inter en date du 14 Juin 1997.
Les auteurs ont réussi, dans un numéro consacré à la crise de l'industrie automobile et à sa nécessaire adaptation,  le tour de force de ne pas mentionner l'arrivée sur le marché européen des offres telles que  xxxbytel sur Internet, qui risquent de déstabiliser les circuits européens traditionnels associant constructeurs, concessionnaires, assureurs et banquiers. Un développement sur ce thème aurait pourtant été très instructif, non seulement pour l'automobile, mais pour l'ensemble des secteurs économiques auxquels s'intéresse l'émission.


En Mai 1997 (super-mulot collectif) à tous les candidats au premier tour des élections législatives (à l'exception de M. Patrice Martin-Lalande).
Ces candidats ont soigneusement évité, avec succès, de proposer le passage à la société de l'information comme enjeu majeur pour la France *.

*Si un candidat  dont les propos auraient échappé à notre attention, estime ne pas mériter cette distinction, qu'il se fasse connaître immédiatement .


En Avril 1997 à  Patricia Martin de France Inter.
Le 10 Avril à 7h30 Jean-Marc SYLVESTRE, chroniqueur économique de France-Inter évoque à propos de la grève des journalistes, le site WEB de Libération. Il en mentionne l'adresse http://www.... et demande à  Patricia MARTIN si ces lettres lui sont familières. Mademoiselle MARTIN de répondre
"non, je ne vois pas de quoi il s'agit".


En mars 1997 à  JF.B. de la direction du B. (pas d'identification sur le Web).
Après un exposé devant des responsables informatiques des administrations, où il se félicite d'enregistrer une baisse continue des crédits informatiques (environ 10% par an depuis 1994), il sort de l'ombre la pensée immortelle d'un grand prix Nobel trop méconnu en France, Robert SOLOW:
"En Amérique, on voit des ordinateurs partout, sauf dans les statistiques de productivité".
Merci pour ceux qui s'efforcent grâce aux ordinateurs d'assurer la survie du service public dans un monde de plus en plus mouvant et complexe!


en février 1997 à Martine AUBRY pour sa déclaration dans "ELLE" du 24 février page 76:
"En France on joue sur Internet, mais on ne se parle plus"

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.Anne BEDEL abedel@admiroutes.asso.fr


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