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Les chroniques du bêta-bloquant
par Jean-Paul BAQUIAST, A. BEDEL et C. Jacquemin
envoyez-nous des suggestions pour le prochain mulot d'honneur

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Le mulot le mulot d'honneur   d'honneur d'admiroutes est attribué:

 

En octobre 2001 à un certain Denis Duclos, sociologue, directeur de recherche au CNRS, qui, dans un article absolument incompréhensible publié le 25 octobre dans la rubrique Horizons Débats du Monde, Impasse des Deux-suicides (?) nous pose cette question cruciale: (nous citons):

"Quand l'adulte, libéré des tentations puériles de retour à la totalité primordiale (?) proposera-t-il de remplacer par une perspective plus ouverte nos actuels scenarios de suicide collectif - qu'il s'agisse de la catatonie à petit feu (?) que nous promet l'"internétisation" de la vie, ou de la foudroyante (?) projection de notre énergie contre l'Autre haï (?) ou trop aimé ?"

Les points d'interrogation, sauf le dernier, sont de nous. Le reste de l'article est à l'avenant. Nous nous demandons ce qui prend au Monde, et au CNRS accessoirement, d'entretenir de tels aberrations.

En septembre 2001, conjointement:

- A l'émission de France-Inter "La rue des Entrepreneurs" qui deux fois de suite, dont ce jour  8 septembre, a répandu de par le PAF les propos de Bruno Lussato sur l'Internet, comme s'il s'agissait de parole d'évangile. Nous eussions préféré ne pas évoquer à nouveau ce monsieur, déjà titulaire d'un mulot, en date de décembre 2000. C'est avec Paul Virilio, une de nos bêtes noires, qu'il vaudrait mieux laisser reposer. Le fait néanmoins que la caution donnée par le service public à quelqu'un qui nourrit depuis 30 ans la rancune de n'avoir pas été pris au sérieux ne laisse pas de surprendre. Comment peut-on dire à propos d'Internet tant de contre-vérités, faire ainsi preuve d'un tel manque d'esprit scientifique, et pouvoir continuer à s'exprimer sur les ondes.

Ceux qui connaissent et pratiquent Internet, c'est-à-dire malheureusement 10% de Français pas davantage, connaissent aussi le bonhomme  et s'amusent plutôt de ses crises d'égo séniles. Mais les autres trouvent sans doute en l'écoutant de bonnes raisons pour continuer à ne pas faire l'effort d'apprendre et de pratiquer.

Saluons les contradicteurs, tels notre ami Emmanuel Lazinier, qui a tenté d'enrayer le flot d'impropriétés. Il fallait le faire. Mais il vaudrait mieux qu'à l'avenir France Inter s'inspire un peu du modèle de France Culture, c'est-à-dire choisir plus soigneusement ses intervenants.

- Au président de l'Agence de Régulation des Télécommunications Jean-Michel Hubert, qui a dit (Le Monde du 6 septembre, p. 15) "Il en faut pas enterrer tout de suite le bas-débit...Il apporte des services réels aux consommateurs qui ne sont pas des "accros" d'Internet". Rappelons que le bas-débit, c'est l'utilisation du fil téléphonique, le fameux RTC, dont le coût et les performances empèchent évidemment ceux qui n'ont pas accès à ADSL ou au câble de devenir, non pas des accros, mais de simples utilisateurs normaux d'Internet. Quand nous voyons tel adolescent respectueux de l'argent de sa famille faire des prodiges d'ingéniosité pour n'utiliser Internet qu'une heure par jour, en se privant de tout ce que le réseau pourrait lui apporter, nous ne nous étonnons pas que les Français soient encore si en retard. Ne parlons pas des professionnels qui, en zone rurale, ressentent à plein le vide numérique contre lequel industriels et élus locaux s'insurgent à juste titre. L'Etat quoiqu'on veuille est totalement responsable de cette situation, dont la plupart des pays européens ont su s'affranchir.


En août 2001, au gourou qui aurait assuré quelque part, nous ne savons plus où: " devant Internet, les Français ne prennent pas de retard, ils prennent du recul"  *
Comme on dit à l'école communale, ils reculent pour mieux se faire sauter (par la concurrence)

* Il paraîtrait que ce propos époustouflant serait de Joël de Rosnay. Nous avons peine à le croire.


En juillet 2001, collectivement, à tous ceux qui triomphent et proclament cet été, devant la baisse des valeurs Internet: "on vous l'avait bien dit, tout ceci n'était qu'une escroquerie intellectuelle que seuls les naïfs comme vous avaient prise au sérieux. Nous vous l'avions bien dit, il ne fallait pas y aller".

Les c..s, c'est bien connu, ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît.


En Juin 2001 conjointement (les candidats se précipitent, le mois de juin à peine commencé!):

- à Ivan Levaï, qui déplore, non sans raisons, sur France Inter (Le fou du roi, jeudi 31 mai, 12h35) la crise du langage politique, lors d'un passage consacré à son récent ouvrage: La République des mots".

"Que reprochez-vous, diront nos lecteurs, à cet éminent journaliste, dont l'infinie réputation devrait vous faire rentrer sous terre, médiocres claviéristes de banlieue que vous êtes? "

Simplement qu'après avoir plaint les hommes politiques de ne plus disposer de tribunes publiques, vu le manque d'intérêt des médias quand il s'agit de donner la parole à des représentants du peuple non chefs de formation, il oublie que ces braves hommes politiques disposent aujourd'hui d'un des meilleurs média possible, les sites Internet dont les ont doté généreusement les Assemblées, ou ceux qu'ils pourraient se donner eux-mêmes. C'est bien là qu'ils pourraient faire oeuvre d'imagination, appeler aux dialogues, aux contestations, bref, se faire connaître, et aussi apprendre à mieux connaïtre les voeux de leurs électeurs.

"Mais pour qui, (direz-vous, toujours  impitoyablement critiques à l'égard de nos brillantes idées?) 5% de l'électorat?"

5% qui inévitablement feront des petits, s'ils ont en face d'eux des interlocuteurs attentifs au dialogue politique, comme le voudrait leur fonction de représentants du peuple.

Non, si Ivan Levaï ne mentionne pas Internet, nous ne dirons pas que c'est parce qu'il refuse d'encourager une forme d'expression qui n'est pas la sienne. C'est simplement sans doute qu'il n'y a pas pensé. Cela arrive  hélas encore à de nombreux et brillants de nos compatriotes.

- A Paul Soriano et Alain Finkelkraut, auteurs de Internet, l'inquiétante extase, (Editions Mille et une Nuit).

Dans un interview publié par Le Monde Interactif du 30 Mai 2001, notre ami Soriano fait part de son inquiétude face au développement apocalyptique d'un monde ou les 6 milliards d'hommes seront tous reliés par Internet. Un scénario catastrophe s'annoncerait, l'humanisme sans hommes, la disparition des frontières, le cybersexe, la fin de la vie privée (une sorte de Loft Story mondial), le peer-to-peer, l'identité jetable,  la domination de l'anglais, le triomphe des communautés marketing, l'externalisation des signes et des connaissances sur des supports périssables, etc., etc.

Ce n'est pas la première fois, et ce ne sera pas la dernière, ou les prophètes de malheur s'acharneront sur ce malheureux Internet, dans notre beau pays, mêlant peurs fantasmatiques et évocations de risques facilement maîtrisables, sinon inexistants.

Mais nous avons tort de le prendre mal. Heureusement, ces prophètes sont là pour nous empêcher de rêver. Nous pensions, naïvement, que les 6 milliards d'individus connectés (quand ils le seront, ils ne seront d'ailleurs plus 6 mais 8 milliards) pourraient constituer une espèce de cortex mondial où de faramineux phénomènes chaotiques, sur le mode de la compétition darwinienne entre réseaux de multi-agents massivements évolutionnaires, feraient émerger des formes de conscience et de science encore inconnues de nos jours. Comme nos amis du manifeste des Mutants, manifeste que nous vous conseillons de méditer (http://www.mutation-manifeste.net/), nous voyions venir l'ère bouleversifiante des Innovations Radicales et des Aurores Paradigmatiques.

Apparemment, nous nous trompions, encore une fois, sous l'effet d'un optimisme maladif tenant sûrement à un premier effet pernicieux de "l'humanisme sans hommes, la disparition des frontières, le cybersexe, la fin de la vie privée (une sorte de Loft Story mondial), le peer-to-peer, l'identité jetable,  la domination de l'anglais, le triomphe des communautés marketing, l'externalisation des signes et des connaissances sur des supports périssables, etc., etc."


En mai 2001 à François Hollande, qui ironise sur LCI (L'invité du matin, 9 mai 2001), à propos du forum ouvert par la Présidence de la République sur les questions européennes:

" On prend les choses au sérieux ou on ouvre un site Internet"?

Il la raison. Il n'y a rien de moins sérieux, de plus franchement comique même (nous ajouterons: de plus intensément et définitivement rigolo) qu'ouvrir un forum sur Internet. Il serait tellement plus simple de confier à une société de sondage la consultation d'un segment représentatif de la population . http://www.elysee.fr/europe/index.htm


En avril 2001 à l'émission "Combien ça coûte?" de TF1, consacrée à l'Administration.

Nous espérions apprendre plein de choses inédites sur l'administration, grâce à la sagacité bien connue de Jean-Pierre Pernaut. Hélas, trois fois hélas, nous n'avons eu droit qu'à un ramassis de lieux communs: les braves pompiers - il y a des fonctionnaires formidables - que de paperasses - etc.,  illustré par de vieux reportages vus plus de10 fois, un extrait de la Caméra cachée à la limite de la provocation (beaucoup de gens ont vraisemblablement cru que le policier corrompu présenté par la caméra était un vrai) et, pour couronner le tout, la démonstration de soutiens-gorges et de slips (pour messieurs) gonflables.

Evidemment, personne ne s'est avisé de parler d'Internet pour améliorer les performances et diminuer les coûts des services administratifs.

Bref, una mierda nigra. Vous me direz, pourquoi n'êtes vous pas allé voir Mme le proviseur sur le service public?


En mars 2001 à ...

Gros problème!

Certains d'entre vous souhaitaient l'attribution du mulot d'honneur à l'ensemble des électeurs de Parthenay qui ont pris la lourde responsabilité historique, au regard du monde entier, d'envoyer au tapis, dès le premier tour des municipales, non seulement le maire de Parthenay mais plus généralement l'utilisation de l'Internet au plan local.

" Bravo à ceux qui à Parthenay ont décidé de rejoindre la France profonde béta-bloquante, hélas encore majoritaire" nous écrit l'un d'entre vous.

Laissons pourtant Parthenay, car en démocratie il n'est pas politiquement correct de commenter un vote majoritaire.

Attribuons donc le mulot d'honneur à un anonyme du ministère de la Justice qui aurait dit à Cécile Cau, journaliste de Télérama, qui présente un bon article intitulé La Toile et le prisonnier (n°2671 du 21 mars 2000): 

"Internet ne concerne qu'une minorité de détenus, et fournir des accès à ceux-là ne ferait que renforcer les disparités déjà existantes"

Nous ne savons si le propos à été vraiment tenu. Mais faisons confiance à Cécile Cau. De toutes façons il traduit bien un réflexe administratif, refusant systématiquement toutes les applications réellement innovantes et réformatrices, pour des prétextes apparemment défendables, mais cachant un vrai souci de ne pas bouger.


En février 2001 (avec quelques jours d'avance, mais programmation de Fr2 oblige), collectivement à Roger Fauroux, Bernard Spitz, Claudius Brosse, Lucile Schmidt, Bernard Zimmern (ainsi qu'un accessit à Bernard Pivot) pour la brillante façon dont ils nous ont montré, sur Bouillon de culture du 26 janvier, qu'il était à la fois indispensable et impossible de "faire bouger l'Etat". Nous avons eu là une intéressante démonstration de la façon dont l'art de penser en rond, à partir d'arguments inchangés depuis cinquante ans *, peut servir d'alibi pour s'éviter la peine d'évoluer.

Il était clair que ces notables n'avaient jamais manipulé un micro-ordinateur et moins encore réfléchi aux modalités de la culture Internet au service de la modernisation**. Par contre, certains des participants, ou certains des auteurs du livre curieusement nommé "Notre Etat", ont une vaste expérience de l'échec provoqué par l'ignorance des règles élémentaires de cette nouvelle culture***.  Mais ils n'ont pas encore fait leur examen de conscience ****Inutile en ce cas, alors qu'ils ne savent même pas ce qu'est Internet, de leur parler des nouvelles méthodes liées à l'utilisation des algorithmes génétiques*****

A la fin tardive de l'émission, il était clair que les rares survivants de la croyance en la possibilité de moderniser l'Etat en France n'avaient plus qu'une chose à faire, aller se coucher après avoir avalé un tube entier de ******

*  selon l'estimation de l'un des participants.
**" faites-le vous-même, commencez tout de suite, débutez petit mais viser à vous développer rapidement, décentralisez au maximum, etc."
*** voir dans le cas de la réforme majestueusement manquée des services territoriaux du ministère des Finances:  Admiroutes http://www.admiroutes.asso.fr/edito/2000/ministres.htm ainsi que http://www.admiroutes.asso.fr/lagazette/00-2004/index.htm#ref
**** l'échec était évidemment dû aux syndicats, dont on dénoncera jamais assez la désastreuse influence. Sur ce point l'émission n'a pas dérogé à la règle
***** voir sur l'ensemble du sujet www.automatesintelligents.com, ainsi, plus précisément dans le cas des administration, la rubrique Démocratie http://www.automatesintelligents.com/democratie/index.html
****** spécialité pharmaceutique destinée à provoquer la cure de sommeil.


En Janvier 2001 à Régis Debray (accessit Blandine Kriegel) pour ses brillantes interventions technophobes lors des Vendredis de la Philosophie, de France-Culture, le 29 décembre 2000, émission animée par la susdite Blandine Kriegel. Lors d'un débat assez confus sur l'interêt de la technique, B. Kriegel a jugé bon, sans doute pour éclaircir les esprits, d'évoquer quelques phrases immortelles de l'"Introduction à la médiologie" dont Régis Debray fut l'auteur. Citons de mémoire: " La technique c'est l'efficacité, l'efficacité c'est la norme, la norme c'est la mondialisation, le multimedia c'est l'unimedia, etc., etc. Un autre participant au débat ayant expliqué qu'il était bien content d'utiliser un ordinateur, Mme Kriegel est tombée des nues: "vous savez vous servir d'un ordinateur, vous? Bravo!". L'intervenant s'est presque excusé en expliquant que donnant des cours à l'Université de Medellin, l'ordinateur (branché sur Internet, nous supposons) lui était assez utile, en effet.

Michel Cassé, un astrophysicien français, plus respectueux des sciences et des techniques que les philosophes, note au passage, dans son dernier et remarquable ouvrage (Généalogie de la matière, Odile Jacob, octobre 2000, dont nous donnerons prochainement un aperçu sur notre site www.automatesintelligents.com), que la France avait (citon de mémoire) "le privilège de disposer du plus grand nombre d'intellectuels technophobes au m2 universitaire".

Les Vendredis de la philosophie ne démentiront pas cette triste constatation. Nous n'allons pas philosopher à notre tour pour expliquer que la normalisation des réseaux de télécommunication n'est pas plus hostile à la diversification buissonnante (et darwinienne) des espèces et des invidus que ne l'est la normalisation du code génétique. Si unimédia il y a, c'est uniquement sans doute dans la tête de notre pape de la médiologie, mais certainement pas dans les nôtres.  

Nous allons par contre continuer sur le même thème du mulot en signalant un nouvelle crise d'hystérie internetophobe du sieur Bruno Lussato, déjà honoré d'un splendide mulot en décembre dernier. L'on nous a rapporté (bien qu'en charge de la lourde responsabilité de mulotiers, nous ne pouvons être sur toutes les médias à la fois, nous parlons donc aussi par ouï-dire) que ce même vendredi 29 décembre, vers 08h20 sur Europe1, l'ineffable Lussato a ressorti son argument de l'Internet-égoût, à proscrire des écoles. Là nous nous fâcherions vraiment, si nous nous prenions au sérieux. Dire et laisser-dire des âneries aussi malfaisantes à une heure de grande écoute, cela relève du quasi-délit de corruption intellectuelle de mineurs.

......

Egalement en Janvier 2001 à Catherine Tasca, ministre de la culture, pour son projet de taxer l'électronique et tout ce qui s'en suit, au généreux prétexte de protéger les auteurs.

Comme l'idée a été retirée à peine émise, à la demande du Premier ministre et du ministre des Finances, fallait-il lui attribuer notre plus haute distinction? Le board d'attribution, après mûres réflexions et débats, durant deux nuits et un jour, a décidé de maintenir le mulot à l'intéressée. La proposition, en effet, honorait la France, dans cette société de l'information ou nous fonçons tête baissée et sans réfléchir, comme le répètent à loisirs nos "mulottiers".

Elle montrait en effet que la France profonde, tant au ministère de la Culture que chez les "auteurs" (ou chez les professionnels de la profession qui défendent chèrement les intérêts supposés desdits auteurs) veut continuer à ignorer les soi-disants bienfaits du numérique, refuser l'abominable encouragement donné à l'emploi des nouveaux outils de la communication et du travail en réseau, nier la disparition des frontières en matière de taxation, etc.,etc. En contrepartie, cette initiative généreuse visait à encourager la fraude, toujours utile comme créatrice de valeur ajoutée et d'emplois, ainsi que la répression, également utile aux mêmes motifs.

De plus, elle a donné aux observateurs étrangers qui veulent bien suivre nos petites affaires une bonne occasion de rire, ce qui est précieux en ces temps de morosité.


En décembre 2000 à Bruno Lussato, auteur avec François de Closets (que ce dernier est-il allé faire dans cette galère?) de: "L'imposture informatique" (France Inter, Rue des entrepreneurs, 02/12/00)

Derrière quelques critiques de bon sens (que tout le monde fait d'ailleurs) contre les abus des fabricants de programmes et d'ordinateurs, ainsi que contre les hiérarchies et sociétés de service, notre auteur se livre à une espèce de furie monomaniaque contre les langages informatiques, Internet, Internet à l'école et tout ce que les braves citoyens comme nous et vous serions tentés d'espérer des nouvelles technologies.

Faut-il citer quelques phrases? " Internet est un tout-à-l'égout." "Internet (et la science) détruisent le sens" "Internet fait communiquer ordinateur et ordinateur, et non cerveau et cerveau (d'après Herbert Simon) " L'Internet et l'ordinateur ne font travailler que le cerveau gauche (logique) et nous  prive de la culture: musique, peinture, gastronomie (sic)" "Le déferlement d'informations tue Internet "  "avoir un site qui marche, cela coûte très cher" "je dois m'adapter au mode de questionnement algorithmique de l'Internet"

Si vous ajoutez le ton du monsieur, que vous pourrez entendre quelque temps en audio sur le site de France Inter http://www.radio-france.fr/chaines/france-inter/rde/index.php (nous supposons que Savanarole devait prêcher de cette façon) vous ne pouvez que fuir Internet, ses pompes et ses oeuvres, et revenir à la plume d'oie - plume d'oie que l'ineffable Lussato propose d'ailleurs de réutiliser pour gérer les entreprises.

Ce qui est grave dans cette affaire, et que La Rue des Entrepreneurs n'a pas du tout souligné, c'est que les évolutions actuelles de l'intelligence artificielle adaptative et de la robotique sont en train de révolutionner à nouveau le rapport de l'homme avec les TIC, et Internet en particulier. Le cerveau droit précisément, dont Lussato parle avec une incompétence dont tous les neurologues, nous supposons, se gausseront, y retrouvera un rôle éminent. Nous n'allons pas vous faire un cours à ce sujet dans cette rubrique du mulot d'honneur, mais ceux curieux de ces questions peuvent se reporter à notre nouvelle revue Automates intelligents http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/index.htm


En novembre 2000 à Philippe Breton, auteur de: Le culte de l'Internet, une menace pour le lien social ? La Découverte, coll. Sur le vif, septembre 2000.

Nous n'avons pas lu le livre. Selon la critique qu'en donne @riel, dans InternetActu http://www.internetactu.com/biblionet/biblio17.html, l'auteur "reprend à sa manière l'exclamation que Tacite met dans la bouche d'un ennemi de l'empire romain : "Ils donnent le nom de paix à ce qui est solitude et servitude." Au lieu d'un progrès des libertés, il décèle dans le développement d'Internet la mise en place d'une société de contrôle, de surveillance et de manipulation économique, et finalement un accroissement des inégalités."

Bref, un prophète de malheur de plus. Il va contribuer à inquiéter notre président de la République, déjà fort préoccupé par la fracture sociale. Continuons la lecture:

" Ainsi, paradoxalement, le prix à payer pour réaliser cette "communion des esprits", c'est la séparation physique, peut-être irrémédiable, des individus. ..L'auteur retrouve l'image leibnizienne de l'enfermement en soi des individus, aussi bien dans les discours des "fondamentalistes", que dans la pratique quotidienne d'Internet, dans le chapitre intitulé "le tabou de la rencontre directe", qui montre comment toutes les pratiques humaines sont récupérées par Internet : travail, loisir, commerce des choses et des idées, amitié, prière, pensée et même sexualité. Et il conclut que la mondialisation, si elle a un sens, renvoie ...à l'enfermement de chacun dans un monde fabriqué sur mesure par toutes sortes de services bien plus aliénants que libérateurs : chacun devient son propre monde où il règne en souverain ou plutôt en despote, n'est informé que de ce qui l'intéresse déjà et vit dans un monde entièrement à sa disposition, dans une éternelle enfance, dans l'illusion d'une sociabilité sans conflit."

Ouf! Cessez le feu, nous nous déconnectons incontinent, pour ne pas perdre notre âme. Voici pourtant un avis contraire, mais émanant sans doute de gens qui n'ont rien compris aux nouveaux périls qui nous menacent, sans doute trop englués qu'ils sont dans le cyber-fondamentalisme:

Net does not exact a toll on social life, new study finds
Oct 26, 2000, Los Angeles Times .
http://globalarchive.ft.com/globalarchive/article.html?id=001026006752

A new study published by UCLA Center for Communication Policy reveals that time spent on the internet does not come at the expense of human interaction. The study found that people using the Internet are more vibrant, socially active, devote more time to civic duties and family interaction than non-Internet users...
Abstracted from: Los Angeles Times
Copyright: Financial Times Information

Signalé par <Roger.Amgot@wanadoo.fr> My nomination for Mister Mulot of the month. Thanks, Roger.


En Octobre 2000 à ParisI-Panthéon-Sorbonne. Il s'agit des réinscriptions en faculté, chose provoquant en cette saison, comme nul n'en ignore, beaucoup de tracas dans la tête inquiète des étudiants. Premièrement, le site internet http://www.univ-paris1.fr n'offre aucune possibilité d'inscription en ligne. Deuxièmement, le service minitel consacré à cette fonction répond, après 10 minutes de manipulations et l'entrée du numéro de la carte d'étudiant:

"Inscription impossible.
Aucune étape ne peut être proposée à la réinscription pour l'année en cours.
Pour plus d'info, veuillez contacter le secrétariat de votre UFR"

Et voilà. Mais les malheurs de l'étudiant ne sont pas finis. En ce jour du lundi 9 octobre, jour de la rentrée, une queue immense et anxieuse s'étend devant le secrétariat de l'UFR (Unité de formation et de recherche). Queue immense ...et inutile, car un panneau illisible annonce sur la porte que ledit secrétariat est fermé le lundi.

Comme quoi, l'Internet est ignoré par notre plus prestigieuse université, le minitel, même après 15 ans, n'est pas encore maîtrisé. Quant aux procédures manuelles, les préposés jugent bon d'aller aux champs, pour un week-end prolongé que nous leur souhaitons agréable. Pas étonnant si l'étudiant va s'inscrire à l'étranger.


En septembre 2000 au fournisseur d'accès XXX (nous ne souhaitons pas faire de publicité à cette entreprise, mais chacun pourra voir de qui il s'agit, vu les sommes apparemment importantes qu'il consacre à sa publicité).

En quoi XXX, nous direz-vous, mérite-t-il le mulot? Eh bien, voilà: Sur une affiche de facilement 5m de long sur 3 de haut,  visible notamment dans le métro parisien, il nous montre une jolie jeune femme en deshabillé, seule sur un lit à deux place, regardant, apparemment désolée, la place vide, à sa droite, de son supposé compagnon. Ceci s'accompagne de la légende suivante: "le forfait de connexion (apparemment promotionnel fait par XXX) ne va pas faire que des heureux".

Nous en tirons les conclusions suivantes, toutes à l'honneur de la finesse d'esprit de XXX :
- les femmes jeunes et jolies ne s'intéressent pas à Internet, mais plutôt à des activités supposées moins virtuelles. Elles ont sans doute une trop petite tête pour faire les deux.
- les hommes qui utilisent Internet en oublient tout, y compris l'amour (ce qui confirme le préjugé béta-bloquant le plus répandu: Internet vous coupe de la vraie vie). Ils ont sans doute une trop grosse tête pour faire les deux.
- et finalement (ce qui devrait provoquer l'indignation des vendeurs de micros-portables), l'on ne peut pas se connecter à deux sur le lit conjugual, grâce à un micro-portable placé entre les amoureux, et un modem coincé sous le matelas, l'une des 4 mains manipulant la souris et les trois autres  s'occupant à autre chose. Ce serait pourtant un exercice intéressant de multi-programmation, bien dans la ligne de l'homme et de la femme moderne, qui veulent tout faire à la fois: et/et plutôt que ou/ou. On ne vous fais pas de dessin démonstratif car les moteurs dénoncés pour leur bétise par l'ineffable Daniel Schneidermann* classeraient immédiatement Admiroutes dans le cyber-sex.

NB: Le Monde, dans un n° récent, indiquait que les publicitaires, débordés par la demande des starts-up de l'accès au web, avaient du mal à trouver un langage à la fois informatif, attrayant et de relativement bon goût. Le cas cité par notre mulot est sans doute un exemple de cette difficulté.

*A propos de ce dernier (Daniel Schneidermann), nous avons reçu de nombreuses admonestations de votre part visant à lui faire attribuer le mulot. Nous avons répondu à nos aimables correspondants qu'il serait peut-être plus efficaces qu'ils adressent eux-mêmes au Monde les marques de leur juste indignation. Cela tempérera un peu les innombrables lettres que les bêta-bloquants de tous bords ont certainement envoyées à ce même Monde pour le féliciter d'avoit enfin dit publiquement que le roi était nu, c'est-à-dire qu'Internet était une ignominie et ceux qui s'en servent de dangereux dégénérés.


En août  2000  à  P.Y.Cossé, J.B. de Foucauld et H.Guillaume, qui écrivent dans Libération du 24/07 http://mefi.fr.st/#actu, à propos de la Réforme de l'Etat:  "Certes, les nouvelles technologies de l'information permettent d'améliorer la qualité du service et d'abaisser les coûts, mais nous aurions tort de penser qu'elles peuvent nous permettre de faire l'économie des réformes; au contraire, ces réformes sont indispensables pour tirer parti de ces technologies, qu'il ne sert à rien de plaquer sur les organisations existantes."

Pourquoi un mulot d'honneur pour un propos aussi sensé? Parce que nous y voyons, en puristes (nous l'avouons) de la révolution numérique que nous sommes, une inversion de priorité qui a fait depuis des années échouer, en France tout au moins, les intentions de réforme. En bref, nous disent ces conseillers bien intentionnés, mais, croyons-nous, mal informés des réalités de terrain, il faut d'abord réformer, et ensuite, pourquoi pas, utiliser les nouvelles (sic) technologies de l'information, qui permettront d'améliorer la qualité du service et d'abaisser les coûts. Or depuis 40 ans que l'informatique existe, complétée aujourd'hui par l'Internet, c'est précisément parce que ces technologies, les usages et mentalités qui en découlent, se sont, d'elles-mêmes, "plaquées" sur les organisations existantes, que ces dernières ont été quelque peu obligées d'évoluer. Ce n'est pas parce que des programmes gouvernementaux de réforme politico-juridico-administrative s'en sont occupés.

Pour prendre une comparaison facile, nos éminents hauts fonctionnaires, s'exprimant en 1830, auraient pu dire: "les chemins de fer permettront d'améliorer la qualité des diligences, mais il faudrait réformer auparavant les mauvaises habitudes de la race chevaline, qui renâcle au moindre effort". Ah le volontarisme des grands commis de l'Etat, quand tu nous tiens!


Voir aussi sur un autre sujet notre article de La Gazette d'Admiroutes N°26:
Le Monde tenté par le Mulot d'honneur d'Admiroutes

En juillet 2000 au bi-mensuel Manières de voir du Monde diplomatique: "Penser le XXI siècle. Les défis du futur"  Confronté à ce titre pompeux, nous nous attendions à des perspectives un peu enthousiasmantes pour les jeunes lecteurs de cette honorable publication: l'exploration spatiale, les neurosciences, le génie génétique, les automates intelligents (voir à ce sujet cet essai ici même). Hélas. Nous ne trouvons dans le sommaire qu'une volée de bois vert bien propre à doucher les enthousiasmes intempestifs. Citons, entre autres: - Vers une société de l'incommunication par Eduardo Galéano - La fin de la vie privée par Paul Virilio (encore lui!) - Internet et la domination des esprits par Lucien Sfez -. Nous avouons ne pas avoir lu ces différents articles, non plus que les autres. Peut-être sont-ils très pertinents. Mais les titres nous en dissuadent. A force de prêcher les mises en garde pour de bonnes causes supposées, le Monde Diplomatique obtient l'effet contraire. L'on sait à l'avance ce que l'on y trouvera, comme jadis dans l'Humanité des grandes années, et donc l'on va voir ailleurs.


En juin 2000 aux organisateurs du Colloque "l'Europe des responsables: quelles formations pour quelles décisions?" qui réussissent l'exploit de faire discuter pendant 2 jours de ce sujet sans évoquer sérieusement Internet, ni citer la moindre URL ou adresse électronique. Regards International: infos@regards-international.com  Voir notre éditorial pour plus de détails.

En mai 2000 à  Paul Virilio,  présenté par Elle du 15 mai  comme "la sentinelle du progrès technique",  "un des penseurs les plus précis de notre modernité". Ce phare (de la déception) décrit ainsi ce qu'il appelle "la bombe informatique" : "...la bombe informatique a permis l'accroissement de connaissances de plus en plus sophistiquées. Puisque la dissuasion supprimait la guerre, il ne restait plus qu'à s'espionner, se contrôler. On a donc installé des satellites, et Internet est né de cette entreprise (apprécions ce raccourci saisissant). Maintenant cette bombe explose avec Internet. C'est elle qui risque de nous conduire à l'accident généralisé..." Quant à l'e-mail, à la question du journaliste de Elle: "quand on dit que l'e-mail réintroduit l'écriture dans les relations humaines, vous y croyez?", notre "spécialiste de la vitesse" (Elle dixit) répond: "on se fout du monde! Comme le fax, c'est juste excellent pour les notes de service"

Tout cela est moins risible qu'il n'y paraît. Mépriser ainsi, dans un journal destiné au grand public, les gens qui se donnent du mal pour développer de nouveaux usages utiles à la société relève de l'attentat aux bonnes moeurs. Ne nous étonnons pas que la France figure encore au 17e rang (donnée approximative) des pays développés, concernant le passage à la société de l'information. Nous avons les élites que nous méritons, et réciproquement.


En avril  2000 à  Bertrand Poirot-Delpech, de l'Académie française, qui dans sa chronique du Monde, (22 mars, p.19...nous savons, nous sommes en Avril, mais nous avions manqué Le Monde de ce jour-là) s'en prend à un innocent vendeur de livre électronique au 20e Salon du Livre. Celui-ci, qualifié de camelot, aurait eu le malheur d'expliquer que, sur l'écran du boitier à cristaux liquides "le matin, clic, vous lisez votre journal...entre deux rendez-vous, clic-clac, vous relisez un peu de Proust ou vous rafraichissez vos souvenirs de Rimbaud...etc". Notre académicien de s'indigner. "Tout un nouvel humanisme, en somme! Le lecteur "numérisé" choisira la taille des lettres..., l'éclairage de l'écran....avec la liberté des nomades..."

Et de donner la parole à un hypothétique vieil amateur de livres-papier, sans doute Bertrand Poirot-Delpech lui-même, qui aurait soupiré: "Que penserait de ces mirobolances un Roger Nimier...ou Monsieur Gracq, lui qui n'avait jamais voulu être diffusé en format de poche"

Nous nous répéterons en soulignant l'insupportable mépris des élites intellectuelles françaises pour les nouvelles technologies et aussi sans doute pour ceux qui s'en serviront afin d'accéder aux trésors de la pensée que ces élites jusqu'ici se réservaient. Puisque BPD prend l'exemple de Julien Gracq, nous lui répondront que nous aimerions bien trouver en livre de poche (et mieux encore sur le livre électronique du sympathique vendeur du Salon du Livre, que nous saluons bien bas ici) une réédition des Rivages des Syrtes (livre que l'un de nous possède - exemplaire des années 50, prêté 100 fois, - qui tombe en morceaux. Va-t-on être obligés de le photocopier?

NB: sur le livre électronique, voir par exemple Cytale http://www.cytale.com


En mars 2000 (avec un petit signe amical) à Giorgio Israël, professeur d'histoire des mathématiques à l'Université La Sapienza de Rome. Celui-ci a écrit un ouvrage fort sympathique, Il Giardino dei Noci, Incubi postmoderni e tirannia della technoscienza, chez CUEN (traduction française: Le Jardin au noyer, Seuil 2000). Nous n'en partagerons pas nécessairement toutes les analyses, notamment quand il critique en vrac les différentes versions de ce qu'il range sous l'étiquette de postmodernisme. Mais l'ensemble est stimulant et vaut la lecture.

Pourquoi faut-il alors que notre auteur ne manque pas une occasion de s'en prendre aux ordinateurs, à l'intelligence artificielle, à Internet? Nous lisons par exemple p.248: "Cette demande d'overdose de technosciences est accompagnée d'une campagne d'intimidation orchestrée par des slogans terroristes du genre: "Bientôt celui qui ne saura pas utiliser un ordinateur sera un analphabète"..."

L'on peut comprendre que l'auteur refuse tout réductionnisme, mais sa phobie de l'informatique parait un peu suspecte, comme s'il craignait véritablement de voir remettre en cause sa compétence universitaire par des technologies qu'il aurait renoncé à maîtriser... Il n'est malheureusement pas le seul, qu'il se rassure, parmi les intellectuels.

Réponse de Giorgio Israel <israel@mat.uniroma1.it>
Dipartimento di Matematica Università di Roma "La Sapienza" P.le A. Moro, 2 00185 ROMA
Date: Sun, 21 May 2000 08:56:20 +0200
Je vous suis infiniment reconnaissant pour m'avoir attribué le mulot d'honneur en mars 2000 pour mon livre "Le Jardin au Noyer" (Seuil 2000).
Ce serait encore plus beau s'il s'agissait d'un objet matériel à exposer dans mon bureau...
Pourtant je dois vous avouer que non seulement je voyage sur Internet (sinon je n'aurais jamais appris d'avoir été honoré de l'attribution du mulot d'honneur...), mais que j'utilise systématiquement l'ordinateur:
Mon livre a été écrit en Word 98 et quand j'écris les textes de mes cours universitaires je fais même usage de logiciels pour intégrer des équations différentielles...
Tout simplement je pense que si je ne savais faire que ça je serais un analphabète... (Tout comme le président de la Commission pour la réforme de l'instruction en Italie qui a déclaré que les videogames sont la plus grande révolution épistémologique du XXème siècle...).
Mais j'espère que cet aveu restera entre nous et ne sera pas utilisé pour me dérober de mon prix.
Très cordialement,
Giorgio Israel
Il s'agissait manifestement d'une erreur de notre part, l'attribution du mulot d'honneur ne se justifiait pas dans le cas du professeur Giorgio Israel . Comme celui-ci semble cependant, avec une charmante bonne humeur, souhaiter conserver son prix, nous le lui maintenons, avec l'expression de toute notre considération. Espérons pourtant que les autres bénéficiaires, passés et surtout futurs, ne vont pas suivre cet exemple. L'institution même du mulot d'honneur s'écroulerait alors de l'intérieur, et nous n'aurions plus qu'à chercher un autre emploi à nos éminentes facultés critiques.


En février 2000 (avec des circonstances atténuantes) à l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments qui écrit, dans une rubrique Conditions d'utilisation du site http://www.afssa.fr/conditions_utilisations.htm:
" L'encadrement (ou cadrage) de tout ou partie de ce site est interdit. L'insertion d'un lien devra faire l'objet d'un accord exprès du directeur de la publication. A défaut son auteur verra sa responsabilité engagée."
  
Scron gneu gneu! Comme le dit Christian Schérer, l'on croit entendre les Indiens Caraïbes décidant d'interdire les armes à feu, à l'arrivée des Espagnols.

Le sujet est néanmoins sérieux. Un vaste débat s'est tenu sur les listes Radiophare et Admiroutes dont Anne Bedel publie les principaux éléments. Pourquoi, nous direz-vous par ailleurs, reconnaître des circonstances atténuantes à l'AFSAA? Parce que son webmestre est sans doute débutant, dans un domaine où les risques de détournement sont sans doute nombreux.  Mais ceci n'excuse pas nécessairement cela. Si l'on vient sur le web, il faut en apprendre les pratiques.
La réaction de l'AFSSA le 5 avril 2000
Merci de nous lire


En Janvier 2000 (pour une deuxième fois, la première était en 1998) à Alain Delon qui déclare page 56 de Paris-Match du  20/1/2000
"...Pourquoi cette folie assassine? le capitalisme sauvage. Le spectaculaire. l'information...L'horreur tous les jours. Le type du train, les crimes presque ordinaires: la femme qui tue son mari, le forcené qui tue ses enfants. Les gens communiquent de moins en moins entre eux. On se promène sur internet comme sur les nuages, et on reste cloîtré dans un blockhaus mental".
Après l'horreur de tous les jours, le type du train (pourquoi lui?), la femme qui tue son mari (pourquoi elle), il n'y avait plus d'autre sommet dans l'horreur qu'Internet.
Merci à Alain Delon de nous sortir de notre blockaus mental pour nous révéler les vrais horizons intellectuels: "Peewee, ...mon piaf".


En décembre 1999  partagé entre:

- Pascal Obispo, qui déclare dans Paris-Match du  30/12/99:

" ...la tendance actuelle parle de communication planétaire, alors que l'on n'a jamais été aussi seul depuis qu'Internet existe. Les progrès incessants de la technologie ne répondent ni aux problèmes de relations humaines, ni à ceux de première nécessité...  "  Que notre homme sorte donc de son ego et aille voir comment les ONG et autres humanitaires utilisent Internet, par exemple en ce moment au Vénézuéla.

-le ministère de l'environnement pour avoir fermé sa boite à lettres devant l'affluence des courriers.

" Compte tenu de l'augmentation du nombre de messages arrivant quotidiennement sur la messagerie, il ne nous est plus possible d'y répondre . De trop nombreux messages restent en souffrance. Aussi, nous préférons interrompre temporairement notre service de messagerie plutôt que de maintenir une prestation de mauvaise qualité." http://www.environnement.gouv.fr/bal/ecrivez.htm

Même s'il y a de bonnes raisons d'organisation à celà, c'est évidemment très mal perçu par les écologistes, au moment où la pollution menace les côtes françaises. La raison de fond est que, dans la plupart des petits ministères, le webmestre est seul en charge du courrier, alors qu'il faudrait réorganiser radicalement cette fonction essentielle à la relation avec le public.Nous insistons beaucoup sur ce point dans les propositions qui seront discutées à Autrans comme suite à donner aux Cahiers de doléances.


En novembre 1999 à Bernard Beauzamy, PDG de la Société de Calcul Mathématique, qui explique dans Le Monde du 5 novembre (http://www.lemonde.fr/article/0,2320,29574,00.html) que  "l'Internet d'aujourd'hui relève plus de la poubelle que du catalogue". L'appel à la poubelle comme terme de comparaison est devenu comme un point de passage obligé pour les bêta-bloquants, lorsqu'ils jugent Internet et ses contenus. C'est injuste pour cet honnête instrument, parure des trottoirs de nos villes. C'est également maladroit. La poubelle, elle, au moins, est utile...Si Internet servait à évacuer nos ordures, ce serait déjà bien. Cherchons plutôt, pour enfoncer Internet, quelque chose de bien plus horrible...mais quoi, nous ne savons pas. Nous lançons un appel aux bêta-bloquants pour qu'ils trouvent une comparaison vraiement propre à dégoûter nos chères têtes blondes, et les autres, de s'intéresser à Internet.

Notre PDG, il est vrai, parlait du commerce électronique, auquel il ne voit guère d'avenir pour le moment en France. Il s'est fait vertement reprendre par un esprit positif, un de ceux que détestent les bêta-bloquants, un de ceux qui croient utile de monter en marche d'un train qui part, plutôt que rester sur le quai. Il s'agit de Olivier Protard, de Sofinnova Partners, dont l'on découvre la prose dans Le Monde du 13 novembre (http://www.lemonde.fr/article/0,2320,30620,00.html)

Ce dernier trouve Internet très bien et le commerce électronique encore mieux. Entre ces deux experts, qu'allons nous devenir? L'attribution du mulot d'honneur  à Bernard Beauzamy s'impose-t-elle encore? Olivier Protard ne l'a-t-il pas fait pour notre compte? Ne tirons-nous pas sur une ambulance, déjà flinguée qui plus est? Nous ne savons pas trop. Vous voyez bien que cette  responsabilité d'attribuer un mulot d'honneur tous les mois est  de plus en plus lourde. Vivement la quille!
Réponse de Bernard Beauzamy le 16 janvier 2000:
A l'équipe "Mulot d'honneur" :
Le mot "poubelle" est largement aussi clair que le mot "beta-bloquant". Bien cordialement


En octobre 1999 à Régis Debray. Cet éminent médiologue nous explique, dans un article d'ailleurs assez  tortillé (médiologie oblige) de Marianne (n° 128 du 4/10 octobre, p. 32) que si la messagerie électronique favorise l'échange d'écrits au plan planétaire, le contenu de ceux-ci est de plus en plus hâtivement rédigé et schématique. Bref, la richesse et l'intimité des échanges disparaîtraient, avec la lettre manuscrite, au profit de figures de style toutes faites inspirées du formulaire administratif ou du bon de commande en ligne. Ce serait non seulement la mort de la littérature, mais aussi celle du sentiment.

"Au fond, on ne se promène guère plus sur une inforoute que sur l'A6. L'impératif circulatoire s'impose....L'ordinateur calcule mais ne pense pas. Le digital n'a cure de la souffrance et de la joie. Peut-on pleurer devant un CD.Rom....etc., etc."  

Permettons-nous une incidente. Chaque mois, le jury en charge d'attribuer ce mémorable mulot d'honneur se réunit avec des mines longues comme cela. "Ce n'est plus possible, disent ses membres. Tout le monde maintenant est converti à Internet. Il n'y a plus de candidats méritant le mulot. Nous ne servons plus à rien. Cherchons d'autres formules pour aider à rattrapper le retard français face à la société de l'information ...". Et pourtant, chaque mois, le miracle se renouvelle. Des inépuisables tréfonds de l'intelligentzia nationale surgit un philosophe, un sociologue, un médiologue qui, assoiffé de reconnaissance, tente sa chance en tapant, une fois encore, sur l'Internet et sur tous ceux qui s'en servent. Le miracle a encore joué ce mois-ci, comme vous voyez.

Malheureusement, nos gourous tapent à côté. Leur argument récurrent repose sur le principe de réduction: "si vous faites de l'Internet, alors vous ne pouvez rien faire d'autre que du clavier, de la connectique, des télé-formulaires, des smileys, etc. Renoncez à tout ce qui fait la grandeur de l'humain, la philosophie, la science, la littérature, l'amour (si nous osions, nous ajouterions le plaisir sexuel ou autre...). Vous êtes devenus des robots dans les mains de Bill Gates, etc. etc. ".

Les internautes doivent-ils argumenter en réponse, ou se borner à hausser les épaules, en continuant à vivre leur vie comme ils peuvent, avec Internet et tout le reste, joies et douleurs. Ils feront ce que leur tempérament leur suggérera. Bornons nous ici à demander à Régis Debray de quelle mystérieuse façon il a pu violer le secret des millions de mels qui s'échangent, pour juger qu'ils ne contiennent que du signal, du stéréotype, du dispatché, comme il dit. S'il n'a jamais reçu de messages électroniques passionnés (et fort bien écrits) d'une amoureuse momentanément séparée de lui, plaignons-le.


Deux fois en septembre 1999 à:
Claude Sérillon pour avoir interrompu le Premier ministre lors de l'interview de ce dernier le 13 septembre 1999 sur France 2 au journal de 20 heures. Alors que Lionel Jospin commencait à expliquer l'intérêt des nouvelles technologies pour la croissance, Claude Sérillon, qui apparemment ne perçevait pas cet intérêt, a fait dévier la conversation sur l'économie de marché, ses avantages et ses inconvénients.

l'émission de France-Inter: La rue des Entrepreneurs, en date du samedi 4 septembre, dont le sujet était: "Les manuels scolaires? pratiques? utiles?" http://www.radio-france.fr/chaines/france-inter/rde/fiche.php?numero=10038

Avec un pareil thème, l'on aurait pu attendre des animateurs et intervenants qu'ils envisageassent le rôle possible d'Internet, tant pour améliorer l'accès aux connaissances, que pour renouveler la pédagogie, notamment en ce qui concerne le rôle du maître face aux programmes d'une part, aux élèves et aux parents d'autre part (voir par exemple ici-même Le collège et internet)

 Il n'en a rien été. Au bout de 3/4 d'heure de débats divers, dont aucune conclusion claire ne nous a sauté aux yeux, les possibilités d'Internet n'ont été évoquées que dans une courte phrase, à la dernière minute: un orateur nous a prévenu que le livre allait se voir confronté aux nouvelles technologies. Grande nouvelle! Mais comment et avec quelles conséquences? Nous n'en avons rien su. Le cédérom a été évoqué, mais seulement comme ce qu'il est d'ailleurs quand il est produit par les éditeurs scolaires, une sorte d'avatar du manuel, ne lui apportant rien de plus, sinon encore plus d'images*

C'est pourtant sur le rôle d'Internet qu'aurait du porter pensons nous l'essentiel du débat. Comme cela n'a pas été le cas, nous vous invitons à prendre le relais. Si le sujet vous intéresse, reporter vous à la rubrique Pour ou contre que nous ouvrons ce jour sur le thème: "Internet peut-il remplacer le livre scolaire?" Nous invitons évidemment ceux qui seraient tentés par une réponse affirmative de nous expliquer comment utiliser Internet pour faire mieux (et moins cher) que le livre.

* lorsque le cédérom n'essaye pas d'exploiter l'interactivité d'Internet, il est exact qu'il ne diffère guère du livre, sinon dans la forme.


En août 1999, à la CNIL, qui sur la page "publication" de son site (http://www.cnil.fr/publi/publi1.htm), nous avertit:

"Loi 78-17 du 6 janvier 1978 - Article 23 - La commission présente chaque année au Président de la République et au Parlement un rapport rendant compte de l'exécution de sa mission. Ce rapport est publié."

Vous pouvez vous procurer le dernier rapport annuel de la CNIL ou les précédents auprès de la Documentation Française ou en passant par votre libraire.

La CNIL reste juvénile (face à Internet)


En juillet 1999, à Jean Claude Carrière, écrivain et scénariste, qui, dans le Monde du 16 juillet, p. 24, rubrique: Etes vous Mac ou PC, non seulement règle leur compte à ces deux types de micro-ordinateurs, mais en profite pour tirer quelques balles sur Internet, qui pouvait espérer passer à travers les gouttes, le débat ne le concernant pas directement:

" Je ne suis ni Mac ni PC. L'ordinateur supprime le brouillon. Or cette étape désordonnée et cahotante de l'écriture manuelle est une phase de recherche et d'élaboration dont je ne peux me passer...Mais je ne ressens pas pour autant d'aversion pour l'informatique. J'utilise par exemple un Mac portable pour rédiger des lettres et des articles qui ne dépassent pas dix feuillets. Au delà, j'écris à la main, et je donne le résultat à taper à ma secrétaire...

...Pour ce qui est d'Internet, j'ai une adresse électronique, mais je l'utilise peu. La Toile ne m'est guère utile non plus. J'ai fait trois tentatives dont deux se sont soldées par des échecs. Pour l'instant la recherche dans les livres reste plus satisfaisante. Dans ce domaine, Internet constitue un moyen précieux de commande d'ouvrages à l'étranger..."

Heureux homme qui dispose de temps, de secrétaire, et des moyens pour commander des livres à l'étranger. Heureux homme aussi qui, confronté à un ordinateur, ne passe pas par le brouillon (ou la phase désordonnée et cahotante qui, même à l'écran, pour le vulgum pecus, prépare le texte définitif - nous-mêmes, qui écrivons ceci, nous y sommes bien repris à 3 ou 4 fois, sans d'ailleurs obtenir un résultat parfait, comme vous pouvez le constater vous-même).

Mais nos élites nationales ne seraient plus des élites si elles acceptaient de trouver bien ce dont tout le monde ailleurs se félicite. Nous supposons qu'elles vont aussi commander leur huile d'olive et leurs vins de pays au fin fond des territoires, plutôt qu'au super-marché. Le raffinement, que diable!

Le mulot de ce mois est dédié, avec nos compliments, à notre collègue Ramon Oro, de la Dirreccio General de Serveis d'Informàtica, Generalitat de Catalunya, Departament de la Presidència, rencontré le 7 juillet au colloque de l'Université International Menendez Pelayo, à Santander, qui nous fait l'honneur d'être un lecteur attentif des Chroniques du Béta-bloquant, en général, et du mulot d'honneur, en particulier.


En juin 1999, à Jean Baudrillard, philosophe.

Dans Sciences et Avenir (dont nous vous donnons l'adresse en passant :http://www.sciences-et-avenir.com), juillet 1999, p. 89, Jean Baudrillard, à propos de la pile à combustible (où la phobie d'Internet ne va-t-elle pas se nicher?) nous explique que:

" Ces technologies (Internet, assimulé gaillardement à la télévision et ...à la voiture, 20.000 morts par an en France, sauf erreur), sont censées apporter la liberté, la connaissance, l'expansion totale de la communication. En fait, c'est surtout une façon de se refermer sur soi. Devant son écran, on dispose de tout, virtuellement, face à un miroir sans tain, à soi-même. C'est s'enfermer dans une niche et ne plus en sortir pour voir ce qu'il se passe à l'extérieur. Toutes ces inventions témoignent d'une stratégie de repli sur soi, d'autodéfense, de survie, comme si l'homme pressentait une catastrophe imminente. Il n'y a pas beaucoup d'espoir dans tout cela"

Il est vraiment admirable de voir comment les philosophes français - ou tout au moins les philosophes un peu sur le retour qui veulent se donner sans doute une nouvelle jeunesse, en faisant dans l'inversion de  poussée aux réacteurs - ont l'art de la croisade anti-société de l'information et anti-Internet. Nous avons déjà ici constitué un sottisier respectable, que nous pourrons publier un jour, pour éviter que de nouveaux Sokal et Bricmont nous devancent et s'en prennent une seconde fois, sur du velours, à l'intelligentzia française.

Ce faisant, ces philosophes montrent leur profonde méconnaissance de l'Internet et de ses usages. Le lieu n'est pas ici d'argumenter en défense. Il suffit de lire, pensons-nous, les propos cités ci-dessus, pour se persuader de l'inanité du propos.

Elargissons cependant le débat. Sans être un défenseur invertébré (dirait ma fille) de la pile à combustible, il est aussi assez étonnant de voir Baudrillard associer cette pile à Internet dans sa haine anti-techno. Si la solution de la pile à combustible contribue à purifier l'air de nos villes - et celui du sous continent sino-Indien (voir le nuage toxique dont parle par ailleurs Sciences et Avenir, plus vaste que la surface des Etats-Unis), cela vaudra bien d'être payé par l'hypothétique "rupture du lien social (?) ", dont nous menace notre nouveau Paco Rabanne.


 En mai 1999, à Louis Gallois, président de la SNCF.

L'affaire mérite quelques explications. Elle paraîtra mineure, mais nous semble significative. Vous savez qu'Admiroutes participe à la tenue du remarquable forum "les Cahiers de doléances", le seul qui marche bien en France sur le thème du service public. Suite aux grèves de mai à la SNCF, de nombreuses personnes  y ont exprimé leur mécontentement. Nous extrayons de la rubrique SNCF, que vous pouvez tous consulter, le message suivant de Daniel, qui avait envoyé un mel à l'adresse électronique de Louis Gallois, à la SNCF: 

By Daniel on Thursday, May 6, 1999 - 10:39 pm:

Pour ceux qui osaient dire que j'étais mauvaise langue; voici le message que j'avais laissé sur le site web de la SNCF:

Bonjour, Pouvez vous demander à votre hiérarchie et en particulier à Louis Gallois, votre patron de bien vouloir se connecter au site: http://www.doleances.org/. Vous pourrez y voir, dans les forums généraux, un article consacré à "Cette bonne vieille SNCF". Nous y attendons les réponses de Louis Gallois s'il a le courage de s'exprimer sur un forum public! Salutations,

Et la réponse reçue au bout de deux jours (performant le service réclamations de la SNCF).

"Je comprends parfaitement votre colère et ne peux que vous prier d'accepter nos excuses les plus sincères. Notre Président n'a pas vraiment le temps de consulter des sites, il doit négocier et s'exprimer auprès des médias, ce qui revient au même qu'un forum public. Bonne journée."

La réponse du Président, ou plutôt de son staff, est intéressante.Jamais, dans un pays convaincu de l'intérêt de l'Internet,  un responsable n'aurait écrit cela, même s'il est bien évident qu'en général lesdits responsables ne vont pas personnellement sur tous les forums les concernant. Il aurait fait traiter la question au fond par un collaborateur et aurait répondu sous sa propre signature, quelque chose comme: "votre Forum est excellent. J'y ai beaucoup appris. Je charge incontinent M. Machin, un de mes collaborateurs immédiats, d'être votre correspondant en ligne et de répondre systématiquement à toutes vos réclamations et propositions, dont je vous remercie à l'avance".


En avril 1999, à Michel Godet, professeur de prospective industrielle au Conservatoire National des Arts et Métiers, qui, lors des Assises des Conseillers Généraux de France à Deauville, le 7 avril, devant 2.000 personnes à qui un intervenant précédant avait recommandé l'utilisation d'Internet par les Conseils Généraux, s'est écrié, fort en colère:

" C'est scandaleux de parler d'Internet, qui n'est qu'une poubelle informationnelle, quand il s'agit de résoudre de vrais problèmes".

Le président Monory, présent dans la salle, a fait poliment remarquer que M. Godet avait tort, et que lui-même avait fait câbler plusieurs dizaines  de classes, sans d'ailleurs demander un sou à l'Etat. Mais sans doute M. Monory n'avait-il pas pris de leçon de prospective industrielle.


En mars 1999, à Federico Mayor, secrétaire général de l'UNESCO (nov. 1997, nov.1999), qui dans Paris-Match du 18 mars 1999, p.109, nous prévient:

" Beaucoup de gens pensent que l'éducation, c'est avoir un ORDINATEUR. Ils se trompent. L'éducation, c'est la maîtrise de soi, avoir le choix de dire oui ou non".

L'ordinateur et l'éducation n'ont effectivement rien à voir. Il faut faire passer le message aux Finlandais, qui s'imaginent éduquer leurs enfants en installant, dès cette année (Cf. "C'est en France, c'est en Europe", de France-Inter, samedi 14 mars), 3 à 4 postes Internet par classe, dans l'ensemble des établissements du pays, écoles primaires comprises. Heureusement l'UNESCO veille, au moins en la personne de son éminent secrétaire général, face à cette dérive technologique qui menace les vraies cultures éducatives.

Dans cette voie du "ou...ou" - "ou l'ordinateur, ou autre chose" - , opposée au "et...et" - "et l'ordinateur, et autre chose" -, les donneurs de leçons ne manqueront pas, surtout dans notre beau pays. A preuve Jean Becker, qui à propos de son dernier film, Les enfants du Marais, nous a clairement fait comprendre que si le petit monde de la France rurale du bon vieux temps a disparu, c'est de la faute de l'ordinateur. Dire que, naïvement, nous nous voyions très bien partir à la pêche aux écrevisses avec, pour la pause casse-croûte, notre micro portable et modem radio dans la besace.


En février 1999 conjointement (un demi-mulot chacun) à Daniel Cohn-Bendit, candidat aux élections européennes pour les Verts et à Guy Paillotin, PDG de l'Institut National de la Recherche Agronomique.

L'un et l'autre, comme il est vrai 99,9% des hommes politiques et responsables administratifs, semblent ignorer Internet et la société de l'information.

Dans Le Monde du 4 février 1999, Daniel Cohn-Bendit propose, pour l'Europe, de "grands chantiers volontaristes et ambitieux qui changeraient notre vie". Excellente idée, mais pourquoi ne parler que de TGV et autres gouffres à euros, dont aucun gouvernement ne voudra? Pourquoi pas un mot des grands chantiers de la société de l'information, santé, éducation, environnement, etc, qui ne coûtent qu'un peu de bonne volonté citoyenne. Nous pourrons lui en dresser une liste s'il le désire. Au fait, nous le ferons de toutes façons prochainement.

Quant à Guy Paillotin, même distinction, même motif. Il nous explique (Le Monde du 13 février 1999) que les Français ont besoin d'informations sur les problématiques et travaux de la recherche agronomique. C'est bien vrai. Mais qu'attend l'INRA pour publier systématiquement sur son site web (ou ailleurs) tous les résultats de ses travaux . (Est-ce un problème de communication interne, ou d'autres impératifs? Voir à ce sujet notre forum Recherche Scientifique dans le Courriel des lecteurs) .


En janvier 1999 à nos braves chefs Gaulois. Nous citons l'AFP du vendredi 29 janvier:

"Le président Jacques Chirac a affirmé vendredi, au cours d'une réunion de travail avec des chefs d'entreprises sur "Internet demain", sa volonté de faire "le maximum pour que la France tienne son rang dans ces évolutions", a-t-on indiqué àl'Elysée.

Cette réunion de travail de deux heures, qui devrait être suivie d'autres rendez-vous, a permis à plusieurs participants de demander la "caution morale" du chef de l'Etat pour le développement des technologies de l'information.

A l'issue de cette réunion, Jean-Michel Billaut, président de Canal Atelier, filiale de Paribas, et co-président de l'association pour la fête de l'Internet, a souhaité "une sorte de de Gaulle du cyberspace pour prendre les choses en main". ..."

Notre commentaire: voici un effet positif de la cohabitation, faire surgir des Al Gaulle et des De Gore dans les esprits citoyens. Plus sérieusement, combien de candidats ou de listes aux élections européennes feront-ils des propositions sérieuses pour que l'Europe, et la France en son sein, s'accorde  afin de construire une version européenne de la société de l'information?.


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