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Les chroniques du bêta-bloquant
Si c'était un directeur de la communication
If it were a communication director
par Jean-Paul BAQUIAST (janvier 1997)
(traduction anglaise: Carole Guyot) 

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Il n'y a pas plus fanatique de l'Internet que le directeur de la communication (DIRCOM), tout au moins si celui-ci fait bien son métier, c'est-à-dire se tenir à l'affût des nouvelles techniques permettant de disséminer une bonne image de son employeur.

Vous vous dites: "voici enfin quelqu'un avec je vais pouvoir partager mon intérêt pour Internet. Il portera un oeil favorable sur les projets que je nourris dans ce domaine. Le bêta-bloquant, au moins chez lui, ne montrera pas sa face hideuse".

Hélas! D'abord vous vous apercevez vite que, sous son aspect Intranet, l'Internet ne l'intéresse guère. La communication au sein même du service n'est pas sa priorité.

Restez donc dans le domaine de l'Internet. Hélas encore! Le DIRCOM n'en a retenu que les aspects les plus visibles. N'allez pas lui parler de réorganisation des méthodes de travail, de facilitation des procédures avec l'usager, d'amélioration de la productivité... Ce n'est pas son domaine non plus.

N'allez pas lui parler non plus de formes un peu sophistiquées de communication avec l'extérieur, bases et fichiers hypertextes facilitant la consultation des  données administratives, par exemple. Vous vous apercevrez vite que le DIRCOM décroche. Ce qui l'intéresse, lui, c'est ouvrir un site où l'on trouvera le portrait du grand chef, une vue du siège social (du ministère pour ce qui concerne l'administration) et quelques organigrammes et textes fondateurs. Pour ce faire d'ailleurs, il n'hésite pas à faire engager une société de service qui, pour quelques ...-aines de milliers de francs, ajoutera des couleurs et imposera ce que l'on appelle dans ce milieu une "Charte graphique".

Lorsque le grand chef, qui voit parfois plus loin que le DIRCOM, suggère que les services rédigent eux-mêmes des pages Web présentant leurs activités, notre communicateur s'inquiète. Il a vite fait de démontrer au grand chef que ces pages, non contrôlées suffisamment , risquent de porter un tort irréparable à l'image, et du chef ,et de l'organisme. Il faut "vérouiller" la communication (lisez: il faut qu'il vérouille la communication -sinon, à quoi servirait-il?).

Aussi, fait-il adopter des mesures strictes: ainsi, certains DIRCOM ont eu la bonne idée de suggérer qu'il ne fallait pas apprendre aux services à utiliser eux-mêmes des éditeurs HTML, et moins encore bien sûr accepter qu'ils ouvrent de mini-webs pour leur compte. Lorsque les services produisent des pages (en traitement de texte classique), elles s'accumulent dans un purgatoire de pré-visa qui impose de longs délais, et de nombreuses modifications (généralement de détail) avant la mise en ligne définitive.

Les services territoriaux (dits aussi déconcentrés) sont à cet égard le cauchemar d'un DIRCOM d'administration centrale. Pendant combien de temps pourra-t-il faire interdire qu'ils mettent en place des sites sauvages, dont la politique de communication ne serait pas strictement coordonnée par lui?

Que les adeptes d'Internet se rassurent. Le phénomène est si foisonnant, si buissonant, que jamais le DIRCOM le plus bêta-bloqué ne pourra longtemps en monopoliser l'usage. Dans quelques mois, les choses auront sans doute changé.

D'ailleurs, disons-le aussi, ce n'est qu'une infîme minorité de directeurs , sous-directeurs ou chefs de bureau de la communication qui souffrent de la forme de bêta-bloquant analysée ici. Beaucoup relèvent d'un symptôme plus ordinaire, sans doute plus curable à terme. Ils ignorent  encore l'Internet.

No one is more fanatic about the net than a communication director, if at least this one has concerns about his occupation, it means being aware of new technics whose aim is to broadcast a good image of his employer. 

You tell yourself "Someone a last to share my interest for internet. He will be intersted in my project. the beta-blocker he 's hiding inside won't show its ideous face. 

Unfortunatly not ! First of all you realise that apart from its intranet form, internet doesn't interest him.

Communication inside his department is under his priority.

So just talk about internet. Unfortunatly again , the communication director has just kept the more visible aspect. Don't talk about reorganising work conditions, simplifying work procedures to citizens, improving productivity. It's not under his concern either. 

Don't talk about sophisticated forms of communication with the outside world, databases and hypertexts fileswhich make data consulting easier. You will easily notice that the communication director fails to keep up.

You will realise that the communication director fails to keep up. What he's intersted in is to set up his own web site in which you can find the picture of the "big chief", a sight of the headquater (or the ministry as far as the public sector is concern). and some social charts or internal regulation. 

In this aim, he won't hesitate to hire a service company, who, for dozens and dozens of thousand dollars, will add a few colors and impose what they call a graphic chart. 

When the big chiefwho is who is longer-sighted than the communication director, suggest that employees shouldcreate their own pages and present their own activity, the communication director is getting upset. So he quickly demonstrate to the big chief that these pages would damage the company's image if they reamain uncontrolled. Communication must be locked (let's understand that he must lock communication ortherwise what would he be useful for) 

Therefore, strict measures must be applied. Consequently , some communication directors had the same idea to suggest that employees should not be teached to produce their own web pages for their own needs. In order to produce their own pages, a word processor is used and sheets pile up in a king of purgatory (that symbolises long delays) and many rectifications (generally details)are expected before they are finally circulated.

Local services are a nightmare for a communication director in a minitry. How long wil he forbid savage websites, whose information is not directly under his control.
Internet fans don't have to worry about it.

The phenomenom is sprouting so much that even the most beta-blocked communication director wouldn't be able to have a complete control of it. 

Within a few months things will certainly change. 

Anyway , let's say that only a tiny minority of directors, middle managers, or bosses of the communication department suffer from the form of beta-blocking disease describes below.Many of them showed other symptoms which, even more common, are not likely to be treated easily. Actually they don't know the internet yet.

http://www.admiroutes.asso.fr/action/bb/dircom.htm
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